Juste la fin du monde de Xavier Dolan

juste la fin du mondeAdapté de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, ce drame de Xavier Dolan, avec Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Nathalie Baye, Vincent Cassel et Léa Seydoux, est sorti sur nos écrans le 21 septembre 2016. Ce long-métrage a par ailleurs reçu la Grand Prix au dernier Festival de Cannes.

« Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude. « 

La bande-annonce du film me faisait vraiment envie, le fait qu’il ait reçu un prix à Cannes m’intriguait aussi, et puis c’est un film de Xavier Dolan, donc forcément je ne pouvais qu’aller le voir.

A vrai dire, à la fin de la séance, je suis restée perplexe. Et en toute honnêteté, je le suis toujours. Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce film. Je n’ai pas été enthousiasmée, mais pas déçue non plus. Mon ressenti est assez difficile à expliquer. En fait, quelque chose me gêne dans ce long-métrage, mais je n’ai toujours pas réussi à déterminer quoi.

La trame de fond est plutôt pas mal, c’est assez tragique. On suit pendant quelques heures Louis, un jeune homme malade, qui revient après douze ans d’absence dans sa famille. Il souhaite annoncer à ses proches qu’il va bientôt mourir. A vrai dire, on peut comprendre pourquoi, il est parti si longtemps, vu la famille qu’il a. A son retour, il retrouve sa mère, qui ressemble à un pot de peinture, son frère ainé, brutal et cynique, sa sœur, rebelle, et que finalement il ne connaît pas, et enfin, sa belle sœur, douce et gentille, qu’il n’a jamais vu et qui semble être le seul élément stable de cette famille « déglinguée ».

Dès le départ, le spectateur se retrouve dans un huis-clos assez pesant, où les silences sont nombreux et très lourds. Preuve qu’on ne peut pas rattraper douze ans d’une vie en quelques heures. Je trouve le choix du huis-clos très judicieux, cela rend l’atmosphère très pesante, presque hostile, et cela va bien avec l’histoire. Il n’y a pas trop dialogues, mais le réalisateur a fait le choix de filmer ses acteurs de manière rapprochée, voire de ne filmer que les visages, ce qui nous permet de lire directement les émotions, les non-dits de chacun des personnages. Par ce biais, cela permet aussi de voir que certains personnages n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Cette façon de filmer permet enfin de nous rendre compte que l’on a affaire à de bons acteurs, puisque quelqu’un qui joue mal, cela se voit immédiatement. J’ai aussi beaucoup aimé le choix des musiques, qui rythment vraiment le film, qui sont entêtantes, et qui sont véritablement le reflet d’une époque. Dans ce film, je donne une mention spéciale à Gaspard Ulliel qui est magistral dans ce rôle, mais également à Marion Cotillard, que j’ai trouvé magnifique. A vrai dire, même si je n’ai pas vu tous ses derniers films, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu jouer aussi bien.

Comme je le disais précédemment, ce film ne m’a pas complètement plu. Le problème est que je ne sais pas ce qui me gène. Est-ce le fait que ce soit un huis-clos? Est-ce l’atmosphère générale? Les personnages? Je pense que c’est un mélange de tout. Ce qui est sur, c’est que je n’ai pas trouvé Léa Seydoux très crédible, en jeune fille paumée et rebelle. Personnellement, je n’y croix pas du tout.

Malgré mon ressenti mitigé, pour ceux qui apprécient l’univers de Xavier Dolan, je vous conseille tout de même de voir Juste la fin de monde.  Mais, pour ma part, ce n’est pas le meilleur de ses films.

Elodie

Publicités

Tom à la ferme de Xavier Dolan

Tom à la fermeAprès J’ai tué ma mère (2009), Les amours imaginaires (2010), et Laurence Anyways (2012), Tom à la ferme est le quatrième film du réalisateur canadien Xavier Dolan. Il a été récompensé du Prix Fipresci à la Mostra de Venise, en 2013. Considéré à juste titre comme le « petit génie » du cinéma québécois,  Xavier Dolan est un réalisateur très prolifique, puisqu’il réalise en moyenne un film par an. Il a su donner un nouveau souffle au cinéma québécois.

Ce film raconte l’histoire de Tom, « un jeune publicitaire, qui  voyage jusqu’au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l’honneur de leur famille, une relation toxique s’amorce bientôt pour ne s’arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu’en soient les conséquences. »

Ce film est adapté de la pièce éponyme de l’écrivain canadien Michel Marc Bouchard. Si j’ai bien compris, cette pièce est à la base plutôt une comédie. Xavier Dolan l’a adapté d’une manière différente. Il a voulu construire son film sur le mode du thriller, et à vrai dire c’est plutôt une réussite.

Si l’on revient sur les personnages, on est face à un trio assez étrange. Tout d’abord, il y a Tom,Tom à la ferme 1 le personnage principal du film. Ce dernier, citadin pure souche, débarque dans la campagne québécoise, pour l’enterrement de son compagnon. Mais il constate très rapidement que personne ne sait qui il est, et ne connaît surtout pas la nature de son lien avec le défunt. Seul le frère ainé de ce dernier, Francis, a deviné qui il était. Francis est quelqu’un d’assez étrange. Il a la trentaine, est agriculteur, il est célibataire. D’un côté il est attaché à son milieu, et de l’autre, on sent qu’il désire le quitter. C’est un homme violent, pervers, homophobe, et surtout très seul. Enfin, le troisième personnage important, c’est la mère de Francis et du défunt. Elle est veuve, c’est une femme seule, fatiguée par la vie. Au fond, elle ne sait rien de la vie de son fils cadet, ne savait pas que ce dernier était homosexuel, en partie parce que son fils ainé lui a caché et continue de le faire. Elle ne comprend pas non plus pourquoi il était parti et pourquoi il ne donnait pas de nouvelles.

Comme je le disais, le film est construit comme un thriller. Il y a du suspens, une ambiance très lourde, très sombre. Il y a presque une ambiance hitchcockienne qui émane de ce film. On peut également y trouver une ou des référence(s) à Victor Hugo et à son Homme qui rit. Dans cette histoire, Tom qui ne devait rester que deux jours sur place, finit par rester plusieurs semaines. Il s’intègre peu à peu à cette famille étrange, que tout le monde évite dans la région. Il subit la perversité de Francis. Il est tombé sous sa coupe. Il trouverait presque à son « hôte » des excuses pour son comportement. On a donc ici, une évocation du syndrome de Stockholm. Tom à la ferme 2Il émane aussi de ce duo Tom/Francis, une certaine sensualité, voire une ambiguïté sexuelle en ce qui concerne Francis. Au fond, ce sont deux hommes très seuls, qui quelque part se sont trouvés, à un moment donné. Et durant ce laps de temps, ils ont autant besoin l’un de l’autre. C’est donc un film qui abord des thèmes différents, comme l’homosexualité, le mensonge, la perversité, la solitude, mais aussi les différences de mentalités entre la ville et la campagne, qui même si elles font clichés, existent biens.

Tom à la ferme est un bon film, qui est à voir. Mais pour ma part, il ne fait pas partie de mes films favoris. Bien qu’il dure moins de deux heures, j’ai trouvé par moment, qu’il était  longué. Donc pour l’instant, parmi les films que j’ai pu voir de ce réalisateur, ma préférence va toujours à Laurence Anyways.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Avec : Xavier Dolan, Pierre-Yves Cardinal, Lise Roy…
  • Date de sortie : 16 avril 2014 (1h42)
  • Genre : Thriller
  • Nationalités: Canadien, Français