La Trilogie berlinoise de Philip Kerr

La-trilogie-berlinoise« Publiés pour la première fois entre 1989 et 1991, L’Eté de cristal, La Pâle Figure et Un requiem allemand ont pour toile de fond le IIIe Reich à son apogée et, après la défaite, l’Allemagne en ruine en 1947. Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise, est devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l’Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930: un homme solitaire, témoin de son époque. Des rues de Berlin « nettoyées » pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques à celles de Vienne la corrompue, Bernie enquête au milieu d’actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. La différence avec un film noir d’Hollywood, c’est que les principaux protagonistes s’appellent Heydrich, Himmler, Goering… »

La Trilogie berlinoise est clairement un ouvrage que j’ai adoré, tant par les personnages que par les histoires! On s’attache très rapidement au protagoniste principal, Bernie Gunther, et on évolue avec lui, au fil de ces trois récits. A travers les aventures de cet homme, on est plongé dans la Grande Histoire. On a l’impression de vivre avec lui les moments les plus sombres de l’Allemagne nazie, puis la dénazification, enfin le partage de l’Allemagne et de l’Autriche et ses conséquences. C’est vraiment un livre très prenant.

Même si j’ai vraiment apprécié cet ouvrage, il y a tout de même quelques bémols. En effet, j’ai été un peu gênée par l’apparition inopinée de certains personnages dans les deuxième et troisième récits. Ils apparaissent un peu comme par enchantement, alors qu’on ne connaît rien d’eux, qu’ils n’apparaissent pas dans la première partie de l’ouvrage, ce qui donne à l’histoire un peu d’incohérence. Néanmoins, l’auteur a, depuis, écrit de nouveaux romans mettant en scène Bernie Gunther, et peut-être en apprenons-nous plus sur certaines époques évoquées dans le roman ou sur certains personnages.

Quoi qu’il en soit, je vous recommande chaudement cette lecture.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Le Livre de poche
  • Genre : Policier
  • Date de parution : janvier 2010
  • Prix : 9€90
  • Pages : 1015
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Dernier tango à Bruges de Pieter Aspe

Dernier-tango-a-Bruges« Leur voyage de noces en Argentine a laissé des traces chez les Van In: Hannelore veut absolument que son flic de mari apprenne le tango! Mais la disparition d’un homme perclus de dettes de jeu va le détourner des clubs de danses. Un mystère qui pourrait être lié à une affaire aux ramifications obscures, susceptible de compromettre plusieurs personnalités brugeoises. Parties fines qui tournent mal, scandales immobiliers, pots-de-vin, mafia russe…quand le commissaire Van In s’en mêle, c’est tout Bruges qui tangue! »

De retour de leur voyage de noces en Argentine, Hannelore veut que Van In apprenne à danser le tango, ce qui évidemment ne plait absolument pas à notre cher commissaire. Il n’en a pas envie, et il ne va pas en avoir le temps, puisque un meurtre lui tombe sur les bras. Dans cette nouvelle histoire, les disparitions et les meurtres s’enchaînent, ils ont un soupçon de mystère, puisque semble y être mêlé la mafia mais aussi certaines personnalités de la ville. Dans cette affaire, Van In et Hannelore jouent avec le feu et vont devoir se battre pour ce qu’il y a de plus cher à leurs yeux.

Pour honnête, c’est un livre que j’ai lu au tout début de l’été, ce qui fait un bout de temps déjà, et ce qui peut expliquer la brièveté de mes propos. Néanmoins, c’est un ouvrage que j’ai lu assez rapidement, comme d’habitude en ce qui concerne les aventures du commissaire Van In. J’ai bien aimé la cadence du récit et son contenu. Les personnages sont toujours aussi attachants, et vivent dans cet épisode en particulier, des heures sombres. Et surtout, j’ai été assez surprise par l’identité du meurtrier ou du moins du commanditaire de toute cette scandaleuse affaire.

Bien évidemment, je vous recommande cet ouvrage.

Bonne lecture

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : J’ai lu
  • Genre : policier
  • Date de publication : juin 2016
  • Prix : 7€10
  • Pages : 315

Millenium 4. Ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz

Après quelques mois d’absence, je fait mon retour avec un livre lu en début d’année. Il s’agit du tome 4 de la saga Millenium, Ce qui ne me tue pas de David Lagercrantz. J’avais aimé les trois premiers volumes écrits par Stieg Larson, et j’étais assez curieuse de lire la suite, écrite par un autre auteur.

 » La revue Millénium a changé de propriétaires. Ses détracteurs accusent Mikael Blomkvist d’être un has-been et il envisage de changer de métier. Tard un soir, Blomkvist reçoit un appel du professeur Frans Balder, un chercheur de pointe dans le domaine de l’IA, l’intelligence artificielle. Balder affirme détenir des informations sensibles qui concernent le service de renseignement des États-Unis. Il a également été en contact avec une jeune femme, une hackeuse hors du commun qui ressemble à s’y méprendre à une personne que le journaliste ne connaît que trop bien. Mikael Blomkvist espère tenir enfin le scoop dont Millénium et lui ont tant besoin. Quant à Lisbeth Salander, fidèle à ses habitudes, elle suit son propre agenda. »

J’ai plutôt apprécié cet ouvrage. On est bien dans la continuité de l’œuvre de Stieg Larson. L’histoire reprend quelques mois après la fin du précédent tome. On assiste à un complot mondial où entrent en jeu la CIA, un groupe obscur, la police et les renseignements suédois. La mort du mathématicien suédois Frans Balder, qui avait contacté Michael Blomkvist, va secouer un certains nombre de personnes et des services de différents pays, mais également l’opinion publique, puisque le tueur a épargné le fils autiste du chercheur. Lisbeth, qui était également en contact avec le mathématicien, se retrouve une fois de plus au cœur de cette affaire, puisqu’elle secourt ce petit garçon de 8 ans. C’est le début d’une chasse à l’homme, mais également le début d’une guerre entre deux sœurs jumelles qui ne se ressemblent en rien: Lisbeth et Camilla Salander. Là dessus, intervient Michael Blomkvist, qui se retrouve presque par hasard au plus près de l’enquête.

J’ai aimé retrouver ces personnages, et surtout découvrir celui de Camilla Salander, qui n’apparaissait quasiment pas dans les tomes précédents. Cela nous permet d’en apprendre plus sur elle, comment elle a grandi, ce qu’elle devenue, etc. Il s’agit ici d’une histoire nouvelle, mais dans la continuité des volumes précédents. Le récit est bien écrit, il y a beaucoup de suspens, et je dois dire que ce n’était pas forcément évident de faire une suite après la mort de l’auteur originel. Néanmoins, je trouve qu’il manque quand même ce petit truc qu’on retrouvait chez Stieg Larson et qui était vraiment caractéristique de cet auteur et donc de Millénium.

Je vous recommande néanmoins la lecture de ce roman.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Actes Sud, collection Actes noirs
  • Date de publication : août 2015Act
  • Genre:  roman policier, thriller
  • Prix : 23€
  • Pages : 482

 

L’ange traqué de Robert Crais

L'ange traquéL’Ange traqué est un roman qui commence à dater,  puisqu’il est paru en 1989 aux Etats-Unis. Il s’agit du deuxième roman de Robert Crais mettant en scène le duo Elvis Cole/Joe Pike.

« Détective privé à Los Angeles, Elvis Cole reçoit un jour la visite de la belle Jillian Becker et de son patron, Bradley  Warren : le manuscrit de l’Hagakure, ou Code du samouraï, que ce dernier s’apprêtait à exposer dans un de ses hôtels de luxe, a disparu. Cole comprend vite que Warren n’est pas aussi innocent qu’il y paraît: il y a trop de yakuzas parmi ses amis et le FBI les a tous depuis longtemps sous surveillance. Pas assez pourtant : la fille de Bradley Warren, la jolie Mimi, est enlevée au nez et à la barbe du détective… »

Dans cet ouvrage, Elvis Cole est contacté par un riche patron, Bradley Warren, pour retrouver un objet sacré aux yeux des Japonais, le manuscrit de l’Hagakure. Cet ouvrage ayant autant d’importance, si ce n’est plus, que le Bushido. Elvis Cole doit donc travailler pour cet homme, qui semble un peu louche, mais aussi pour sa famille, à savoir sa femme Sheila, une femme alcoolique et un peu « barje », et leur fille, la transparente Mimi. Elvis Cole va devoir faire face à la mafia japonaise, mais aussi aux policiers de L.A., qui ne le prennent pas trop au sérieux. Comme d’habitude, il doit faire face à de nombreux obstacles, mais doit surtout se méfier des apparences.

Robert Crais est un auteur que j’ai découvert il y a deux ou trois ans maintenant, et depuis je lis ses romans, un peu dans le désordre, au fil de mes achats. Mais ceci n’empêche pas la compréhension des histoires. Mais à vrai dire, avec L’Ange traqué, on se rend bien compte qu’il ne s’agit que de la deuxième aventure d’Elvis Cole, et de son acolyte Joe Pike, puisque leurs personnages ne sont pas trop (ou plutôt pas assez) développés. On retrouve ici le côté drôle du personnage d’Elvis Cole, et l’impassibilité de Joe Pike, mais ça ne va pas plus loin. Le roman se lit rapidement et aisément, mais l’histoire n’est pas aussi profonde, pas aussi fine, que celles que j’ai pu lire jusque là. Je l’ai même trouvé un peu « longuée ». Mais peut-être est-ce du au fait qu’il ne s’agit que du troisième ouvrage de l’auteur, et que ce dernier  s’est amélioré au fil des ans,  comme un bon vin. Je ne vous cacherai donc pas que j’ai été un peu déçue par ce roman, je suis restée sur ma fin. Néanmoins, pour ceux et celles qui ont déjà lu des romans de Robert Crais, ou si ça les intéressent, je vous recommande tout de même de le lire.

Bonne lecture

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Editions du Seuil
  • Date de parution : septembre 1995 (en France).
  • Genre : roman policier
  • Prix : environ 15€
  • Pages : 257

 

Germania de Harald Gilbers : une enquête dans Berlin en ruines

GermaniaGermania est un roman que j’ai découvert en parcourant la rubrique « Livres » du quotidien Ouest France. Le descriptif qui en été fait m’a donné envie de le lire, et surtout de l’acheter, choix que je n’ai pas regretté. Comme quoi,  ça a du bon de lire la presse régionale.

« Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer… Tiraillé entre son quotidien misérable dans une  » maison juive  » et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ? »

Germania, titre du roman, est aussi le nom de la ville complètement démesurée qu’Hitler voulait construire à la place de Berlin. C’est donc dans la capitale allemande que se déroule le récit. Durant l’été 1944, alors que Berlin subit régulièrement les bombardements alliés, Richard Oppenheimer, Allemand de confession juive, ancien commissaire à la Kripo de Berlin, se retrouve « embauché » sur une affaire criminelle, par un jeune officier SS ambitieux, le SS-Hauptsturmführer Vogler. N’ayant pas vraiment le choix, Oppenheimer accepte de travailler sur l’enquête, malgré les réticences de son épouse Lisa et de leur amie Hilde.

Richard Oppenheimer enquête sur un meurtre plus qu’horrible, celui d’une jeune femme, qui semble avoir été torturée avant de mourir, et dont les parties génitales ont été atrocement mutilées. Au fur et à mesure de son enquête, Oppenheimer va de découverte en découverte, fait face aux non-dits de son supérieur, mais doit surtout se méfier des apparences.

Outre l’enquête en elle-même, qui est bien ficelée, avec beaucoup de rebondissements et des personnages très intéressants, l’auteur nous donne également un aperçu du Berlin de cette époque.

A travers le personnage de Richard Oppenheimer, on découvre la vie d’un juif à Berlin en 1944. A vrai dire, ne connaissant pas assez bien l’histoire allemande, je me suis demandée si l’histoire de cet homme pouvait être réelle. Je n’ai toujours pas la réponse à ma question, mais l’auteur ayant fait d’importantes recherches, on peut supposer que c’est tout-à-fait possible. Avec cette enquête, on découvre les différents rouages du système nazi, le fonctionnement de l’Etat, quelques personnages importants, mais on assiste aussi aux rivalités entre les différents services. On découvre également la ville de Berlin sous les bombes, ainsi que le projet fou de Germania. En nous donnant un aperçu (fictif) de la vie quotidienne des Berlinois durant cet été 1944, on voit qu’ils ont autant soufferts que les habitants d’autres villes en Europe.

Germania est bien plus qu’un roman policier « classique », puisqu’il y a également une approche historique. Je trouve qu’on apprend un certain nombre de choses. On voit que l’auteur a fait des recherches, et j’apprécie le fait qu’il nous propose ses « sources » dans une page « bibliographie ». On a au moins la certitude qu’il n’a pas tout inventé.

C’est un ouvrage qui m’a plu, je lirai sans aucun doute la suite, intulée Les fils d’Odin. Je ne peux que vous le recommander.

Bonne lecture

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : 10/18 (existe en broché chez Kero)
  • Date de parution : mars 2016 (pour la version poche)
  • Genre : roman policier
  • Prix : 8€80
  • Pages : 475

Le cauchemar : un polar moscovite

cauchemarAprès avoir lu Eugène Onéguine de Pouchkine, je voulais lire un autre ouvrage de la littérature russe, mais je souhaitais me diriger vers quelque chose de plus contemporain. Etant une grande lectrice de polars, c’est tout naturellement, que je me suis tournée vers ce genre littéraire. Alexandra Marinina est une auteure très célèbre en Russie, mais, avant cette lecture,  je ne la connaissais absolument pas.

« Pluie, boue et angoisse, novembre est le pire mois pour travailler à la Criminelle de Moscou, et l’inspectrice Anastasia Kamenskaïa est bien déprimée : la Mafia a infiltré son service et elle doit reprendre l’affaire Vika Eremina. Belle hôtesse de 26 ans, Vika a été tuée dans les bois de Saviolov. Elle buvait, couchait beaucoup, disparaissait des jours entiers et affirmait qu’on lui avait « volé » un cauchemar. D’après son amant, Boris Kartchov, un psychiatre allait l’interner. Mais comment le croire alors que le psychiatre déclare n’avoir jamais vu la jeune femme? Pendant ce temps-là, un certain « Arsène », un vieux routard du KGB, a juré la perte de Kamenskaïa. L’enquête devient plus dangereuse que prévu… »

L’histoire se déroule à Moscou. Une jeune femme a été retrouvée assassinée, et il s’avère qu’elle avait un comportement assez étrange. Contre toute attente, l’enquête est confiée à Anastasia Kamenskaïa, maïor à la Petrovka. Mais, cette dernière, est plus une analyste qu’une enquêtrice de terrain. On apprend assez rapidement que l’enquête lui a été confiée, car son service a été infiltré, et elle est la seule en qui son supérieur à encore confiance. Avec cette affaire, elle va « nager en eaux troubles  » et devoir se frotter à la Mafia. Elle va devoir se méfier de tout le monde, y compris de ses plus proches collègues.

J’ai aimé ce roman, car en premier lieu, le personnage principal est une femme, et il est assez rare dans mes lectures policières (hormis chez Agatha Christie), que ce soit le cas. Ensuite, on s’attache assez facilement à Anastasia Kamenskaïa, car elle est comme tout le monde, ou presque, ce n’est pas la super-enquêtrice à laquelle on pourrait s’attendre : elle est lente, elle est assez paresseuse, et elle a des problèmes de santé. Mais, elle fait fi de tout cela, et au final, c’est quelqu’un d’assez tenace. Ses différents défauts et qualités, en font un personnage assez charmant et attachant. Les autres protagonistes, au fil du roman, apparaissent beaucoup plus complexes, que ce qu’ils ne montrent au premier abord. On comprend alors plus facilement le comportement et/ou les agissements de certains.

L’histoire est bien ficelée, on est tenu en haleine jusqu’à la fin. Le roman s’attache à la psychologie des personnages et à l’analyse des différentes situations, liées à cette enquête, plus qu’au côté sanglant ou morbide des meurtres. Et, c’est que j’apprécie et retrouve, en général, dans les romans policiers que je choisis de lire. Cette lecture permet aussi de se rendre compte (un peu) de ce qu’est la Mafia et la corruption en Russie; la manière dont ces maux gangrènent une grande partie du pays, et quasiment tous les secteurs d’activités. Certes, c’est une vision un peu sombre du Moscou des années 1990, mais je la pense assez juste, par rapport à ce que je connais de l’histoire russe contemporaine. Par ailleurs, l’histoire paraît plus que crédible, l’auteur ayant été elle-même une policière.

Le Camarade, n’est que le premier ouvrage d’une suite de romans avec le personnage d’Anastasia Kamenskaïa. Je lirai certainement la suite de ses aventures. Dans tous les cas, si vous aimez les polars, je vous recommande celui-ci.

Bonne lecture

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Editions du Seuil, collection Points
  • Date de sortie : juin 1999 (1997 pour la version broché)
  • Genre : roman policier
  • Prix : 7€60
  • Pages : 424

« Temps glaciaires » : des brumes islandaises à Robespierre

Temps glaciairesTemps glaciaires est le dernier ouvrage de Fred Vargas, qui en matière de romans policiers est une de mes auteures préférées. A vrai dire, c’est un ouvrage qui s’est fait attendre, puisque quatre ans le sépare de son prédécesseur, L’Armée furieuse, paru en 2011. Cette attente est en partie du à un changement d’éditeur, puisque Fred Vargas a quitté les Editions Vivianne Hamy, pour passer chez Flammarion.

Moi, qui jusque là, ai toujours eu l’habitude d’acheter les ouvrages de cette auteure en format pocket, l’attente était trop longue avant une éventuelle sortie dans ce format. C’est pourquoi, j’ai demandé à ce qu’on me l’offre en broché, c’est cette version que je vous présente ici. Néanmoins, le roman est sorti en format de poche chez J’ai lu, en avril 2016.

« Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’œil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes, il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait, les tiques ? » 

Dans cette nouvelle aventure, Adamsberg est confronté à une double enquête, dont le point de départ est un suicide, qui apparaît très vite suspect, puisqu’il est signé avec une figure en forme de guillotine. Au fur et à mesure de cette double investigation, différentes pistes vont apparaître, parmi celles-ci, l’une va le mener en Islande, et une autre, vers une étrange société robespierriste. Comme à son habitude, le commissaire, qui est lunaire, rêveur, dans son monde bien à lui, va à contre-courant de son équipe. Les différents protagonistes liés à ces affaires, mentent comme ils respirent.  Ils semblent effrayés, mais pourquoi? et à cause de qui?  Au commissariat, la révolution gronde, le commissaire se retrouve peu à peu isolé, et même le fidèle commandant Danglard prend ses distances, et se verrait bien à  la place du chef. Finalement, grâce à ses pérégrinations, parfois lointaines et tirés par les cheveux, Adamsberg trouve la clé de cette série de meurtres.

Moi qui suis une inconditionnelle des romans de Fred Vargas, en particulier des aventures du commissaire Adamsberg, je dois dire que j’ai été un peu déçue par ce nouveau roman. Je trouve qu’il n’est pas à la hauteur des précédents. En soi, rien n’a vraiment changé, le schéma du récit est à peu près le même que d’habitude. Et l’histoire en elle-même est plutôt bien. Mais, j’ai eu du mal à me mettre dedans, et à vrai dire je ne sais pas trop pourquoi, je ne sais si c’était mon humeur, ou si c’est à cause du récit. Néanmoins, j’ai trouvé (et c’est peut-être le problème) que les personnages étaient moins « poussés » que d’habitude. Dans les précédents romans, on en apprenait un peu plus, sur chacun des enquêteurs, ce qui permettait au fil des ouvrages, d’avoir un meilleur aperçu de leur personnalité et de leur vie. Mais là, on ne retrouve pas ça, alors que je pense qu’on peut encore en apprendre sur eux, et que certains ont encore des choses à nous dévoiler. Je trouve par ailleurs dommage, que le personnage de Camille n’apparaisse plus, depuis plusieurs romans déjà. La seule chose qui bouge un peu, c’est le fait que Danglard remette un peu en cause les propositions de son supérieur, lui qui l’un de ses plus fidèles enquêteurs. Adamsberg est toujours, lunaire, rêveur, mais j’ai trouvé qu’il ne l’était pas autant que d’habitude. Il est même plutôt « lisse » comparé à ses aventures antérieures. Pour les personnages liés au meurtre, certains sont développés plus que d’autres, ce qui est normal, mais encore une fois, je trouve que l’auteure ne va pas assez en profondeur. L’histoire en elle-même est plutôt bien ficelée, mais il manque un je-ne-sais-quoi, qui aurait fait de ce récit un aussi bon roman que les précédents.

Pour conclure, je dirais que j’ai assez aimé ce roman, mais je suis un peu déçue. J’en attendais peut-être trop de cet ouvrage. Je vous recommande tout de même sa lecture.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Flammarion
  • Date de sortie : mars 2015
  • Genre : Policier
  • Prix: 19€90
  • Pages : 490

Code Lupin de Michel Bussi

Code LupinCela faisait déjà un bout de temps, que j’entendais parler de Michel Bussi. Mais, jusque là, je ne m’y étais pas vraiment intéressée. Et puis, il y a plusieurs semaines de cela maintenant, j’ai vu une vidéo d’ElooBooks sur son « top 5 des romans policiers« , où elle parlait notamment de Nymphéas noirs. Du coup, elle a un peu titillé ma curiosité. Mais, je crois que c’est le passage de l’auteur lui-même, pour son dernier roman Le temps est assassin,  dans l’émission La Grande Librairie de François Busnel, le 12 mai dernier, qui a fini de me convaincre.

Du coup, je me suis laissée tenter, et j’ai décidé de commencer par son premier ouvrage, Code Lupin. C’était aussi pour moi l’occasion de découvrir et de vous faire découvrir un auteur normand.

« L’aiguille creuse d’Etretat, les tours blanches de l’abbaye de Jumièges, le vieux phare de Tancarville, le tombeau de Rollon sous les ruines de Thibermesnil, la valleuse déserte de Parfonval, les îles englouties de la Seine, les marées d’équinoxe de la Barre-y-va…
Autant de lieux mystérieux dont les énigmes sont percées par Arsène Lupin, dans de fascinantes chasses aux trésors, au cœur du triangle d’or, le fameux triangle cauchois, imaginé par Maurice Leblanc. Imaginé ? Est-ce si sûr ?
Et si les aventures d’Arsène Lupin dissimulaient un code ? Un sens secret ? La clé d’un trésor normand, bien réel celui-là ?
Le professeur Roland Bergton en est convaincu. Il dispose d’une journée pour percer l’énigme, avec pour seuls indices une pièce d’or trouvée sous les falaises, une nouvelle inachevée de Maurice Leblanc… et l’aide d’une jeune étudiante en histoire, aussi brillante que séduisante. »

Code Lupin est un roman policier pas comme les autres, dans le sens où il n’y a pas de crime à résoudre. En effet, s’il y a bien enquête, il s’agit plutôt d’une enquête géographico-historico-littéraire. Les deux héros principaux du roman sont sur les traces de Maurice Leblanc et de son héros littéraire, Arsène Lupin. Mais, ils doivent résoudre une énigme, et non pas un crime, pour trouver un trésor. J’ai aimé ce roman, car il est bien ficelé, les personnages sont attachants, on se met facilement à leur place. Il y a du suspens, l’auteur nous tient en haleine jusqu’au bout. C’est aussi rocambolesque, avec des situations un peu irréalistes. Et puis, c’est drôle, notamment à cause de l’ambiguïté entre nos deux aventuriers en herbe. Mais surtout, ce qui m’a plu, en dehors de l’enquête, c’est la capacité de Michel Bussi a nous embarqué avec les personnages, dans ce road-trip en Seine-Maritime, et plus particulièrement dans le pays cauchois. Par rapport à la description des lieux, des paysages, on n’est pas étonné de savoir, que Michel Bussi est professeur de géographie à l’université de Rouen. En tous cas, il nous donnerait presque l’envie de partir à notre tour sur les traces d’Arsène Lupin.

Bien que j’ai aimé le roman en général, j’ai noté quelques bémols. En effet, je trouve un peu invraisemblable, irréalisable, la résolution de cette enquête en moins de 24 heures. Je sais que les deux héros ont beaucoup de connaissances, mais quand même! Du coup, cela donne un côté un peu irréaliste au roman, et c’est bien dommage! Il y a d’ailleurs d’autres aspects de cet ordre, dans le roman. Mais comme c’est le premier de cet auteur que je lis, peut-être est-ce quelque chose de récurent dans ces ouvrages.

Dans tous les cas, je vous recommande la lecture de ce roman. Moi même, je lirai  avec plaisir, d’autres ouvrages de Michel Bussi. C’est une belle découverte pour moi.

Bonne lecture

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Genre : roman policier
  • Editeur : Editions des Falaises
  • Date de parution : 21 janvier 2014 (version broché sortie en 2006)
  • Prix : 9€
  • Pages : 215

La Sirène – Camilla Läckberg

La Sirène

 

 

Roman Policier

Editeur: Actes Sud

Collection : Actes noirs

Parution: 2 juin 2012 (broché)

Prix: 23€50

Pages: 416

 

 

Quelques mots sur l’auteur

Camilla Läckberg est une écrivaine suédoise, née en 1974. Elle est principalement connue pour sa série de romans policiers, mettant en scène Erica Falck et son compagnon le commissaire Patrik Hedström. Elle est également l’auteur de livres pour enfant. Son premier roman, La Princesse des glaces, est paru en 2008.

Résumé

Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s’avèrent vaines. Impossible de dire s’il est mort, s’il a été enlevé ou s’il s’est volontairement volatilisé.
Trois mois plus tard, son corps est retrouvé figé dans la glace. L’affaire se complique lorsque la police découvre que l’une des proches connaissances de la victime, l’écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d’un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l’a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu’elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l’enquête de son côté. A la veille du lancement de La Sirène, le roman qui doit le consacrer, Christian reçoit une nouvelle missive. Quelqu’un le déteste profondément et semble déterminé à mettre ses menaces à exécution.

Mon avis

Dans ce sixième roman de la série Erica Falck, on a de nouveau une intrigue à multiples entrées. On a l’histoire autour d’Erica et de sa famille, celle autour de Christian Thydell, celle autour de la disparition, et le récit qui se trouve entre chaque chapitre, et qui fait le lien entre toutes ces histoires. Dans ce nouveau roman, Erica est enceinte de jumeaux, et comme on peut s’en douter, elle ne peut pas faire grand chose à cause de son tour de taille. Néanmoins, elle soutient son ami bibliothécaire, Christian Thydell (apparu dans les romans précédents), qui est sur le point de faire paraître son premier roman. Mais parallèlement, on apprend que Magnus Kjellner a disparu depuis trois mois, sans laisser de trace, et il n’y a aucun suspect en vue. C’est une disparition inexplicable, puisque tout semblait aller au mieux dans sa vie,  tant privée que professionnelle. Finalement son cadavre est découvert. On apprend également que Christian a reçu des lettres de menaces, qu’il fait comme si de rien n’était, alors qu’Erica, elle, va s’en préoccuper. Patrik Hedström doit donc faire face à une enquête très complexe. Et, comme à son habitude, Erica ne peut s’empêcher de fouiller partout.

Ce qui m’a plus dans ce roman, c’est la complexité de l’histoire et des personnages. On voit bien qu’il faut toujours se méfier des apparences. L’auteure nous ballade complètement.  Personnellement, au milieu du récit, je pensais avoir trouvé le meurtrier, et évidemment ce n’était pas le bon. J’ai d’ailleurs eu un relâchement dans ma lecture à ce moment là. Je trouvais que le récit n’allait pas assez rapidement. Au final, cette impression s’est peu à peu estompée. Il y a du suspens jusqu’aux dernières pages. J’ai été surprise par l’identité de l’assassin, son profil. A la fin du roman, on se demande se qu’il va se passer dans le prochain. Donc Camilla Läckberg maîtrise vraiment son récit jusqu’à la fin, elle nous tient en haleine.

Comme vous l’aurez sans doute compris, j’ai aimé ce roman. Et, si vous aimez les romans policiers, en particulier ceux de cette auteure, je ne peux que vous recommander la lecture de ce sixième opus.

Elodie

 

13 – Pieter Aspe

13 - Pieter Aspe

Roman policier

Editeur : Livre de poche (disponible en format broché chez Albin Michel)

Parution : novembre 2015

Prix : 6,90€

307 pages

Quelques mots sur l’auteur

Pieter Aspe est un écrivain belge de langue néerlandaise, né à Bruges en 1953. Il a pratiqué plusieurs métiers avant de devenir écrivain. Il devient célèbre grâce à la série du commissaire Van In qui compte plus de 30 volumes en langue flamande, alors que seulement 16 de ces ouvrages ont été traduits en français à ce jour. En 2001, Pieter Aspe a reçu le prix Hercule Poirot qui récompense chaque année le meilleur auteur policier flamand.

Pour la petite histoire, j’ai découvert cet auteur un peu par hasard. C’est en feuilletant un petit catalogue ( comme on peut en avoir au moment de noël ou de la rentrée littéraire)  que ma libraire m’avait donné lors d’un achat, que je l’ai découvert. J’ai feuilleté ce livret, ai repéré quelques ouvrages, et je me suis décidée à acheter Le Carré de la vengeance, qui est son premier roman traduit en français. Et bien, je n’ai jamais regretté ce choix. J’ai tout de suite aimé le commissaire Van In, un  personnage atypique, un peu trop porté sur la Duvel, mais au final tellement plein de charme.

Avant de poursuivre sur 13, que vous souhaiterez lire je l’espère, je vous conseille de commencer par Le Carré de la vengeance. En effet, même s’il est possible de lire les livres dans le désordre, il existe tout de même un fil rouge à tous les romans, lié à la vie personnelle du personnage principal.

Résumé

« Consumatum est » : tout est consommé. Deux mots tracés au feutre sur le cadavre d’un homme dans une chambre d’hôtel, une carte de crédit et des cartes de visites au nom de Wim Raes pour seuls indices. Règlements de comptes? Crimes sado-maso? Vengeance d’une maîtresse éconduite? A la veille de son mariage avec Hannelore, le commissaire Van In se retrouve au cœur d’un macabre jeu de pistes : non seulement le mort n’est pas celui que l’on croit, mais le vrai Wim Raes est lui aussi assassiné. Et Van In pourrait bien être le prochain sur la liste. Il va devoir faire face à ses anciennes amours, pour le meilleur et pour éviter le pire….

Mon avis

Dans cette nouvelle enquête, nous retrouvons bien évidemment le trio Van In/Martens/Versavel, car Van In sans ses deux acolytes ne serait pas vraiment lui même. Van In est une nouvelle fois empêtré dans une enquête qui ne rassemble à aucune autre (c’est tout le génie de l’auteur) et lui pose beaucoup de problèmes. Tout au long de cette enquête, se mêlent tensions professionnelles et tensions personnelles (eh oui, le commissaire est en plein préparatifs de mariage avec sa compagne la juge d’instruction Hannelore Martens). Comme toujours, quand Van In ne sait plus où donner de la tête, il fume trop et boit beaucoup trop de Duvel, ce qui le met (parfois) dans des situations extrêmement embarrassantes. 

Une fois de plus, j’ai adoré cette enquête. Il y a du suspens, de l’action, des scènes cocasses, et beaucoup d’humour. Je pense clairement que la force de ce roman, c’est l’humour (belge) qui s’en dégage, alors même que c’est un roman policier. Pour ceux qui ne connaissent pas encore les ouvrages de Pieter Aspe, vous verrez que cela vaut pour tous les romans de la série. Mais c’est aussi le fait que l’histoire ne s’effondre pas au bout de quelques pages. On est surpris, étonné, jusqu’à la fin.  Et puis, les personnages sont toujours aussi attachants, alors même qu’on pourrait les détester. Enfin, il y a Bruges , que l’on peut considérer comme un personnage à part entière (et qu’évidemment je vous conseille d’aller visiter, si ce n’est pas déjà fait). Comme vous l’aurez-peut être déjà compris, je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.

                                                                         Bonne lecture (et peut-être bonne visite).

Elodie