Whiplash : un petit bijou cinématographique.

WhiplashWhiplash est un film américain de Damien Chazelle, sorti en décembre 2014 (1h47), avec Miles Teller et J.K. Simmons. Il s’agit à la fois d’un drame et d’un film musical.

C’est un film dont j’avais entendu parler en bien, et du coup, j’ai eu envie de le visionner. Il a par ailleurs été multi-récompensé, puisqu’il a obtenu des prix aux festivals de Sundance et de Deauville, ainsi qu’aux Golden Globe et aux Oscars.

Whiplash raconte l’histoire d' »Andrew, 19 ans,  qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… « 

Andrew qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs au monde, a intégré le conservatoire de Shaffer à New-York, pour réaliser son rêve. Sa vie change radicalement, pour le meilleur et/ou pour le pire,  lorsqu’il rencontre Terence Fletcher. Ce dernier est à la fois un prof de musique et un chez d’orchestre réputé, et il décide d’intégré Andrew à son Studio Band, car il a vu en lui un certain potentiel.

Le film est principalement centré sur cette relation intense, étouffante, destructrice, entre un maître et son élève. Le personnage d’Andrew est prêt à tous les sacrifices pour arriver à atteindre son but, au point de plaquer sa copine, et quitte à y laisser un peu de sa raison. De l’autre côté, on a Terence Fletcher, qui est certes très réputé, mais qui est incroyablement odieux avec ses élèves. Cet homme est un véritable tyran. Il est également prêt à tout pour « tirer » le meilleur de ses élèves/musiciens, et de les hisser vers les sommets.

C’est un film intense, plein d’émotions. Il est également très sombre, puisqu’il nous montre l’humiliation scolaire vécu par ces élèves. Il pose un certain nombre de questions, comme: Quelles sont les limites que l’on peut se poser pour y arriver? Jusqu’où est-on prêt à aller pour atteindre ses rêves?

La musique, en particulier le jazz ici, a une place importante dans le film, puisqu’il s’agit entre autre d’un film musical. Quasiment tous les musiciens sont des professionnels. Même, l’acteur principal, Miles Teller,  est un joueur de batterie, certes amateur, mais il est tout de même musicien. Quant à J.K. Simmons, il a également baigné dans la musique, puisque son père était chef d’orchestre et il a lui même été professeur dans cette discipline. Du coup, cela renforce leur crédibilité dans ces deux rôles. Miles Teller, que je n’avais vu que dans le rôle de  Peter dans la saga Divergente, nous offre ici une grande palette de jeu. Il en va de même pour J.K. Simmons, qui ces dernières années était plutôt habitué aux comédies, et qui avec ce film revient aux sources. Il est vraiment génial et terrifiant à la fois dans ce rôle.

Donc il n’y a  pas de besoin de faire un dessin.  Vous aurez sans doute compris que j’ai aimé ce long-métrage. C’est un film à voir, assurément.

Elodie

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Une envie de vieux films

Je ne sais pas pourquoi, mais cette semaine j’ai eu envie de voir un vieux film. J’hésitais entre trois, et finalement, pour diverses raisons, mon choix s’est porté sur French Cancan de Jean Renoir.

French cancanIl s’agit d’un vieux film, puisqu’il est sorti en 1954. On retrouve dans la distribution Jean Gabin, Françoise Arnoul, et Maria Felix, entre autres.

Le film raconte l’histoire de « Danglard, entrepreneur de spectacles, qui se lance dans la rénovation d’un vieil établissement qu’il nomme le Moulin-Rouge. il prend le pari de remettre à la mode un vieux quadrille, le cancan, et de faire de Nini, jeune blanchisseuse, une danseuse vedette. Dans son projet, Danglard se heurte à la jalousie de Lola, danseuse éprise de lui, aux revirements de son commanditaire et aux souteneurs de Montmartre ».

Le film se déroule à la Belle-Epoque, moment où il y  a de très nombreux cabarets à Paris, dans lesquels la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler. Le film est centré principalement sur trois personnages. En premier lieu sur Danglard, cet entrepreneur, qui veut remettre au goût du jour le cancan. C’est un homme à femmes, puisqu’il tombe amoureux de toutes ses vedettes. Il incarne, à la fois la figure du père et de l’amant. Ensuite, on a Nini, jeune blanchisseuse, dont la vie est toute tracée. Elle est censée se fiancer avec un jeune boulanger. Mais ça, c’était avant sa rencontre avec Danglard, lors d’un bal. Il décide d’en faire une vedette. Au départ, elle a le rôle de la belle ingénue, qui découvre le monde; mais elle s’affirme peu à peu. On a enfin Lola, surnommée « l’Abesse », qui au début du film, est la danseuse vedette de Danglard, et sa maîtresse. Elle est jalouse de la nouvelle protégée de son amant, et va lui en faire baver. C’est l’opposé du personnage de Nini, puisque elle est déjà connue. On peut même la considérer comme une courtisane ou une mondaine. Autour de ces deux personnages féminins se constitue un quatuor amoureux, qui apparemment apparaît dans quasiment tous les films de Renoir, c’est ce qui est appelé le système renoirdien. 

Avant de regarder ce film, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. On a en fait l’histoire de l’élévation d’une jeune fille dans la société. Et c’est quelque chose que l’on retrouve finalement assez souvent, même dans les films récents. J’ai aimé le charme désuet, que l’on retrouve dans les films de cette époque, avec des décors tournés qu’en intérieur. Il y a des fois où cela se voit trop, mais là, j’ai trouvé que cela s’intégrait assez bien dans le film. J’ai aimé aussi l’idée  qu’il y a plusieurs lectures à ce film. Jean  Renoir porte un certain regard sur cette société. Il nous décrit la place des femmes dans celle-ci, et plus particulièrement le statut des danseuses, et le regard que l’opinion pose sur elles. J’ai moins aimé le côté mielleux, où le principal personnage féminin est montré comme une petite chose fragile,  c’est à mon sens une caractéristique des films de cette époque. Ce qui m’intéressait aussi, c’est que ce film marque le retour de Jean Renoir en France, et un peu aussi celui de Jean Gabin. Donc, j’ai aimé certains aspects du film, mais il ne comptera pas parmi mes favoris. Néanmoins, je vous conseille de le voir, si ça vous intéresse évidemment, rien que pour le fait que ce film n’est pas très connu (du moins pour ma génération) et que c’est le genre de film qui ne passe jamais à la télé.

Elodie

 

Inside Llewyn Davis – Joel et Ethan Coen

Inside Llewyn Davis

Date de sortie : 6 novembre 2013 (1h40 min)

Avec : Oscar Isaac, Carey Mulligan, Justin Timberlake…

Genre: Musical, drame

Nationalité : Américaine

Voir la Bande annonce

Ce film est pour moi une grande première, puisque je n’avais vu jusqu’alors aucun film des frères Coen.

L’histoire se passe à « New-York, où Llewyn Davis lutte pour gagner sa vie comme musicien folk, ne survivant que grâce à l’aide que lui apportent des amis ou des inconnus. Des cafés du Village à un club désert de Chicago, ses mésaventures le conduisent jusqu’à une audition pour le géant de la musique Bud Grossman… »

Pendant une semaine, on suit la vie de cet homme, musicien et  chanteur de folk raté. On découvre ainsi, au travers du personnage, la scène musicale newyorkaise du début des années 1960. Et on s’aperçoit rapidement, que la folk n’est pas vraiment au goût du jour (Bob Dylan n’a pas encore été repéré), et ne rapporte rien. Alors même qu’il a un certain talent, ce chanteur n’arrive pas à percer. Il cherche par tous les moyens à s’en sortir, à se faire connaître. C’est un personnage assez solitaire,  parfois égoïste, qui n’a pas de chez lui, au point de squatter chez ses amis.

Il y a beaucoup de mélancolie dans ce film, une certaine nostalgie d’un passé révolu.  On s’aperçoit que le talent ne suffit pas, si derrière vous, les producteurs et/ou managers ne vous suivent pas. Ce personnage a une vie un peu déprimante. D’un côté, il a toujours l’espoir de s’en sortir, d’y arriver, mais de l’autre côté, lui-même n’y croit plus vraiment. Pourtant, il continue encore, il persévère.

Le casting est vraiment à la hauteur du film, surtout Oscar Isaac. Il transcende littéralement l’histoire. On voit qu’il a fournit un travail énorme, puisqu’il est quasiment de tous les plans, et qu’il joue comme un musicien professionnel. C’est un acteur que j’avais découvert dans Agora d’Alejandro Amenabar, où il était déjà très bon.

Ce film a par ailleurs reçu de très nombreux prix, dont le Grand Prix du Festival de Cannes 2013, et de très bonnes critiques. Pour ma part, je ne suis pas aussi enthousiaste. J’ai plutôt apprécié l’histoire dans son ensemble, mais il reste pour moi, un goût d’inachevé. Je suis restée sur ma faim. Pour moi, cela reste un bon film, mais ce n’est certainement pas le meilleur que j’ai vu. Dans le même genre, même si l’histoire est complètement différente, j’ai préféré New-York Melody de John Carney, avec Keira Knightley.

Elodie