Une envie de vieux films

Je ne sais pas pourquoi, mais cette semaine j’ai eu envie de voir un vieux film. J’hésitais entre trois, et finalement, pour diverses raisons, mon choix s’est porté sur French Cancan de Jean Renoir.

French cancanIl s’agit d’un vieux film, puisqu’il est sorti en 1954. On retrouve dans la distribution Jean Gabin, Françoise Arnoul, et Maria Felix, entre autres.

Le film raconte l’histoire de « Danglard, entrepreneur de spectacles, qui se lance dans la rénovation d’un vieil établissement qu’il nomme le Moulin-Rouge. il prend le pari de remettre à la mode un vieux quadrille, le cancan, et de faire de Nini, jeune blanchisseuse, une danseuse vedette. Dans son projet, Danglard se heurte à la jalousie de Lola, danseuse éprise de lui, aux revirements de son commanditaire et aux souteneurs de Montmartre ».

Le film se déroule à la Belle-Epoque, moment où il y  a de très nombreux cabarets à Paris, dans lesquels la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler. Le film est centré principalement sur trois personnages. En premier lieu sur Danglard, cet entrepreneur, qui veut remettre au goût du jour le cancan. C’est un homme à femmes, puisqu’il tombe amoureux de toutes ses vedettes. Il incarne, à la fois la figure du père et de l’amant. Ensuite, on a Nini, jeune blanchisseuse, dont la vie est toute tracée. Elle est censée se fiancer avec un jeune boulanger. Mais ça, c’était avant sa rencontre avec Danglard, lors d’un bal. Il décide d’en faire une vedette. Au départ, elle a le rôle de la belle ingénue, qui découvre le monde; mais elle s’affirme peu à peu. On a enfin Lola, surnommée « l’Abesse », qui au début du film, est la danseuse vedette de Danglard, et sa maîtresse. Elle est jalouse de la nouvelle protégée de son amant, et va lui en faire baver. C’est l’opposé du personnage de Nini, puisque elle est déjà connue. On peut même la considérer comme une courtisane ou une mondaine. Autour de ces deux personnages féminins se constitue un quatuor amoureux, qui apparemment apparaît dans quasiment tous les films de Renoir, c’est ce qui est appelé le système renoirdien. 

Avant de regarder ce film, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. On a en fait l’histoire de l’élévation d’une jeune fille dans la société. Et c’est quelque chose que l’on retrouve finalement assez souvent, même dans les films récents. J’ai aimé le charme désuet, que l’on retrouve dans les films de cette époque, avec des décors tournés qu’en intérieur. Il y a des fois où cela se voit trop, mais là, j’ai trouvé que cela s’intégrait assez bien dans le film. J’ai aimé aussi l’idée  qu’il y a plusieurs lectures à ce film. Jean  Renoir porte un certain regard sur cette société. Il nous décrit la place des femmes dans celle-ci, et plus particulièrement le statut des danseuses, et le regard que l’opinion pose sur elles. J’ai moins aimé le côté mielleux, où le principal personnage féminin est montré comme une petite chose fragile,  c’est à mon sens une caractéristique des films de cette époque. Ce qui m’intéressait aussi, c’est que ce film marque le retour de Jean Renoir en France, et un peu aussi celui de Jean Gabin. Donc, j’ai aimé certains aspects du film, mais il ne comptera pas parmi mes favoris. Néanmoins, je vous conseille de le voir, si ça vous intéresse évidemment, rien que pour le fait que ce film n’est pas très connu (du moins pour ma génération) et que c’est le genre de film qui ne passe jamais à la télé.

Elodie