American Sniper de Clint Eastwood

American sniperAprès Fury la semaine dernière, je vous propose un autre film de guerre, à savoir American Sniper.

Dans ce film réalisé par le très célèbre Clint Eastwood, les rôles principaux sont joués par Bradley Cooper (Chris Kyle), Sienna Miller (Taya Kyle), Luke Grimes (Marc Lee), ou encore Jake McDorman (Biggles). Il est sorti sur nos écrans le 18 février 2015.

« Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale. »

Ce film est tiré d’une histoire vraie, celle de Chris Kyle, qui a participé aux prémices du projet, mais son assassinat en 2013 par un vétéran de l’armée américaine a changé la donne. Dans le film, on suit le parcours de cet homme, de son enfance et adolescence (sous forme de flash-back) à sa retraite. Après les attentats des ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar es Salaam en Tanzanie, le 7 août 1998, Chris Kyle, souhaitant servir son pays, s’engage dans l’armée américaine. Il intègre un corps d’élite, les SEAL, où il apprend à devenir sniper. Après l’invasion de l’Irak, par l’armée américaine en 2003, ce dernier est envoyé sur le front, où il a pour mission de protéger les troupes évoluant au sol. Il part ainsi pour quatre missions, réparties sur plusieurs années. La guerre change un homme. En effet, quand Chris Kyle rentre chez lui, il n’est plus le même, il a un comportement étrange, ce qui d’un autre côté, doit être tout à fait normal. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui, un stress ou choc post-traumatique. Il faut dire que la violence est omniprésente, comme dans toute guerre, qu’ils ont vu des horreurs et en ont perpétrés également. Donc forcément, tout cela doit joué sur la conscience et sur leur stabilité mentale.

Le film s’intéresse également à la femme de Chris Kyle, Taya. On voit que celle-ci fait tout ce qu’elle peut pour faire fonctionner la maison, quand son mari est en mission. En fait, c’est elle le chef de famille, c’est elle qui éduque leurs enfants, c’est une femme qui se sent seule, comme la plupart des femmes de militaires, je suppose. Elle vit sans cesse dans l’angoisse, quelques scènes montre cela de façon très explicite. Quand son mari est de retour, rien ne change vraiment, puisqu’il est là, sans être là. On voit bien que son métier est devenu une véritable drogue. Lui, trouve son comportement normal, et ne veut donc pas se faire aider. On voit aussi qu’il règne un esprit de compétition, car si Chris Kyle est devenu « La Légende », les ennemis ont aussi la leur, à savoir un ancien participant aux  Jeux Olympiques. La question est de savoir lequel des deux tuera l’autre en premier.

Ce film, outre qu’il nous montre toutes les horreurs de la guerre, il nous montre aussi que les participants n’en sortent pas indemnes, même s’ils sont vivants. Ce qui est très intéressant avec ce film, c’est que l’on voit tout l’aspect psychologique de ces hommes . Le film s’intéresse aux ravages psycho-traumatiques du conflit sur ces hommes et leurs familles. Du coup, ce n’est pas un film de guerre pur et dur, puisqu’il y a toute cette dimension humaine. On s’aperçoit, que bien que formés à cela, ces hommes ne sont pas que des machines de guerre. Par ailleurs, au fil des missions, certains des soldats de cette unité d’élite se posent des questions sur le bien-fondé de leurs actions en Irak. Même si une grande partie du film traite de ces missions, il est aussi question de l’après, de leur retour à la vie réelle. En effet, une fois mis à la retraite, on se rend compte que ce retour à la vie normal n’est absolument pas évident pour ces soldats, c’est même très difficile. Certains ne supportent pas cette situation.

J’ai trouvé que les acteurs étaient tous très bons, très justes dans leurs rôles. Ils incarnent véritablement leurs personnages, alors même que certains sont des personnes existantes. Le film est bien écrit, je pense qu’il reflète assez bien ce que ces hommes ont pu vivre sur le terrain, même si on est encore surement  loin de la réalité. Pour moi, c’est un très bon long-métrage, que je ne peux que vous conseiller (je vous mets la bande-annonce ci-dessous). Mais, vu le sujet et la violence de certaines scènes, âmes sensibles s’abstenir.

Elodie

 

 

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Fury de David Ayer

FuryFury est un film de guerre sino-américano-britannique, sorti sur les écrans français le 22 octobre 2014.

Au casting, on trouve le grand Brad Pitt (Don « Wardaddy » Collier), Shia Labeouf (Boyd « Bible » Swan), Logan Lerman (Norman Ellison), Michael Pena (Trini « Gordo » Ggarcia), et Jon Bernthal (Grady « Coon-Ass » Travis).

« Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur… »

C’est un film que je voulais voir quand il est sorti en salles, mais que je n’ai pas pu voir à ce moment là, et ensuite j’ai eu beaucoup de mal à le trouver. J’ai finalement réussi à l’emprunter.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes résistent comme elles le peuvent, et sont tellement démunies, qu’elles enrôlent des adolescents. Parallèlement, les troupes alliées, et plus précisément américaines ici, avancent en pays ennemi, avec les moyens du bord. Des deux côtés, les soldats sont à bout de souffle; les combats sont très violents. L’unité de tanks du sergent Wardaddy est envoyée dans les missions les plus périlleuses, missions d’où ne reviennent que très peu d’hommes. Cela s’explique notamment par la supériorité des chars allemands « Tigres », sur les chars américains « Sherman ». Après avoir perdu la quasi-totalité de son unité, ainsi que son copilote, le sergent Wardaddy est envoyé une nouvelle fois en mission, mission assez suicidaire. Avec ses hommes, il doit prendre un carrefour stratégique, pour éviter que les lignes d’approvisionnement américaines ne soient coupées par une contre-offensive allemande. Mais, évidemment, tout ne se passe pas comme prévu.

Je n’ai absolument pas été déçu par ce film, c’est ce à quoi je m’attendais. C’est un film de guerre, donc forcément certaines images sont violentes (le film a été interdit aux moins de 12 ans). Mais la guerre en générale est violente, et donc ici, on a un aperçu des horreurs qu’ont pu vivre les soldats, qu’ils soient américains ou allemands. Au delà de cela, c’est également un film sur l’amitié et sur la fraternité. Cela me rappelle un peu les films et/ou séries de Steven Spielberg, je pense bein évidemment à Il faut sauver le soldat Ryan, ou encore, à Band of Brothers. On sent réellement cela dans le jeu des acteurs. Ce film traite également de l’amour, ou plutôt des premiers émois amoureux, parenthèse heureuse, dans les horreurs de la guerre. J’ai également apprécié le fait que le film relate l’histoire de tankistes, leur quotidien, leur confinement, choses qui sont assez peu traitées au cinéma.

J’ai trouvé que les acteurs étaient très bons et très justes dans leur rôle, notamment Brad Pitt, que l’on ne présente plus. Mais également, Logan Lerman (que j’ai découvert dans Le monde de Charlie), en jeune recrue, absolument pas faite pour la guerre, et qui se demande ce qu’il fait dans ce bourbier. Donc, pour les personnes qui aiment ce genre de film, je ne peux que vous conseiller de le voir.

Elodie

’71, ou la guerre civile en Irlande du Nord

'71’71 est un film du réalisateur français Yann Demange. Il s’agit en fait de son premier long-métrage,  puisqu’il réalisait jusque là des pubs ou des épisodes de séries.

« Belfast, 1971. Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front.
La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques.
Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi.
Il va devoir se battre jusqu’au bout pour essayer de revenir sain et sauf à sa base. »

Le film relate les troubles qui ont eu lieu en 1971, en Irlande du Nord, et plus particulièrement ici, à Belfast. Sans être une spécialiste de l’histoire de l’Irlande, je sais que  les tensions existaient déjà au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Irlandais, de confession catholique en majorité,  voulant leur indépendance vis-à-vis du Royaume Uni. Au moment où l’histoire se déroule, l’Irlande du Nord fait toujours partie intégrante du Royaume Uni; la majorité de sa population étant de confession protestante, cela entraine de nombreuses tensions avec la minorité catholique. Tensions qui tournent à l’émeute, puis se transforment en une guerre civile. Aujourd’hui, ils existent toujours des tensions religieuses dans certaines villes d’Irlande du Nord.

Dans le film, le personnage principal, Gary Hook, est une jeune et nouvelle recrue britannique, qui croyant partir en station en Allemagne, se retrouve à Belfast. Il est envoyé dans ce chaos. Lors d’une intervention, il est pris dans une émeute, se retrouve seul, et du mauvais côté de la ville.

'71 imageOn suit son errance pendant environ une journée et une nuit, pendant lesquelles il va se passer un certain nombre d’évènements. Un petit groupe de catholiques, sachant qu’il est vivant, veut sa peau. Ses camarades anglais ne partent pas réellement à sa recherche. C’est un tout petit groupe d’officiers, qui est chargé de le retrouver. On peut même penser que ces hommes font partie des services secrets britanniques, du moins ils mènent des actions clandestines. Et on se rend compte, qu’ils ne sont pas très clairs, voire qu’ils jouent un double jeu. Gary se retrouve donc dans une situation déplorable, et, vit un véritable enfer.

Les évènements du films se déroulent sur quelques heures, mais cela rend l’histoire très intense. Il y a du suspens, on se croirait presque dans un thriller. Il y a de l’action, des scènes de combats. '71 image 1On se rend bien compte que vivre à Belfast à cette époque devait être très dur, très compliqué. C’était un peu l’anarchie. Et je pense que Yann Demange a bien su restituer cette ambiance si particulière. D’ailleurs, en faisant ce film, il ne porte pas de jugements. Certes, on vit les évènements du point de vue de Gary, mais, bien qu’il soit normalement du côté britannique, on sent bien qu’il est paumé, qu’il est un véritable pion entre deux camps. Le réalisateur ne fait pas ici un film anti-cathos ou anti-protestants; il est presque dans la neutralité. Cette tension qui est vécue dans ce film, ressort aussi sur l’affiche. On voit bien que le personnage principal est pris dans un chaos, qu’il est là pour aider. Il n’y a aucune hostilité qui émane de lui, et cela se confirme dans le film.

’71 est un film que je voulais voir, et je n’ai pas été déçue. J’ai aimé l’histoire, le suspens, le très bon travail de Yann Demange. Les acteurs sont très justes, notamment Jack O’Connell, qui a depuis tourné avec Angelina Jolie (Invincible, en 2015). Le seul petit bémol (mais peut-être est-ce-du à une faute d’inattention de ma part) est qu’au départ je n’ai pas compris pourquoi Gary s’engageait, ni le lien qui l’unissait au petit garçon que l’on voit au début et à la fin du film. Ce n’est qu’en regardant les suppléments du DVD, que j’ai compris qu’il s’engageait par nécessité, qu’il devait subvenir à ses besoins, ainsi qu’à ceux de son petit frère. Hormis ceci, c’est vraiment un bon film. Il a d’ailleurs été sélectionné dans plusieurs festivals comme celui de Berlin et de Dinard en 2014. Il a par ailleurs reçu le Prix du Jury du Festival international du film policier de Beaune en 2014, ainsi que le prix du meilleur réalisateur aux British Independant Film Awards, la même année. J’espère que vous apprécierez également ce film, si vous ne l’avez pas déjà vu.

Bon visionnage

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Avec: Jack O’Connell, Paul Anderson, Sam Reid….
  • Date de sortie : 5 novembre 2014 (1h44)
  • Genre : Action, drame, guerre
  • Nationalité: Britannique

En mai fais ce qu’il te plait

En mai fais ce qu'il te plaitEn mai fais ce qu’il te plait, est le dernier film de Christian Carion, sorti en 2015. Ce film traite de l’exode qui eu lieu en 1940, en France. C’est un évènement qui est assez peu traité au cinéma, alors même qu’il entraîna près de huit millions de Français sur les routes, fuyant l’avancée allemande. L’un des grands films traitant également ce sujet est Les Egarés d’André Téchiné, sorti en 2003.

« Mai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l’Angleterre… »

On a ici tous les ingrédients pour avoir un bon film. Tout d’abord le titre. En effet, en ce qui me concerne, le titre (mais pas que) m’a donné envie de voir ce film. Je trouve que derrière ce titre, il y a une envie de liberté, voire de rébellion. Ensuite, on a une histoire plutôt intéressante, traitant d’un évènement qui a marqué des millions de Français. Mais on a surtout l’histoire d’un père qui recherche son fils, dans ce chaos. Enfin, on a de très bons acteurs, comme Olivier Gourmet, mais surtout ici, August Diehl.

Malgré tout cela, j’ai plutôt un sentiment mitigé envers ce film. Je dirais même que j’ai été un peu déçue, je m’attendais à mieux. Je ne saurai dire exactement ce qui ne va pas dans ce film, mais, il y a quelque chose qui me gène. Le film semble plutôt bien retranscrire ce qu’a été l’exode. Mais c’est peut-être l’histoire en elle-même qui pêche un peu. L’histoire du père et de son fils, manque peut-être de crédibilité. Dans tous les cas, ce n’est pas un mauvais film, mais il n’est pas excellent non plus. Il n’est en tout cas, pas du niveau de Joyeux Noël, du même réalisateur, sorti en 2005.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Avec : August Diehl, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Alice Isaaz…
  • Date de sortie: 4 novembre 2015
  • Durée : 1h54
  • Genre : drame, guerre
  • Nationalité : Français