Un classique de la littérature russe: Eugène Onéguine

Eugène OnéguineEugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine est l’un des plus célèbres romans de la littérature russe, qui a également donné naissance à l’un des plus célèbres opéras.

Cette histoire raconte la vie d’Eugène Onéguine, et son amour impossible pour la belle Tatiana. Celle-ci est éperdument amoureuse de notre héros, il l’est également. Mais il sait aussi qu’il est insupportable à vivre, et ne veut pas lui imposer cela. Lors d’un bal, il flirte/danse avec Olga, sœur de Tatiana, pour rendre celle-ci un peu jalouse. Mais Olga est fiancé à un ami d’Onéguine, Lenski, qui ne supporte pas cette humiliation et défit en duel ce dernier. Lors de l’affrontement, Eugène Onéguine s’en sort, mais préfère partir. Tatiana, comme on peut l’imaginer, est malade d’amour. Etant en âge de se marier, on l’envoie à Moscou trouver un époux. Deux ans plus tard, elle revoit Onéguine à une soirée. Celui-ci se rend compte (enfin) qu’il est éperdument, maladivement amoureux d’elle. Il multiplie les rencontres, et finit par lui avouer son amour. Mais Tatiana, lui fait comprendre qu’autrefois il lui a fait beaucoup de mal, mais qu’au final, c’était peut-être un mal pour un bien. Bien qu’il soit visible qu’elle ait encore des sentiments profonds pour lui, elle le repousse car elle tient à sa réputation. Pouchkine a l’intelligence de ne pas donner une réelle fin à l’histoire, ce qui laisse une place à l’imagination.

Ce long poème relate une histoire d’amour contrariée, impossible. La façon dont elle est racontée, rend la situation drôle et triste à la fois. Pouchkine est lui-même le narrateur de l’histoire, du moins c’est l’impression que cela me laisse. Il fait de très nombreuses digressions, ce qui apporte une certaine légèreté à l’histoire. Quand on s’intéresse un peu à la vie d’Alexandre Pouchkine, on a l’impression qu’Eugène Onéguine est son double littéraire. Il y a de nombreuses similitudes entre leur vie. D’ailleurs, même s’il a écrit d’autres ouvrages, on peut considérer qu’ Eugène Onéguine est l’oeuvre de sa vie, puisqu’il lui a fallu  près de sept ans pour la terminer. Outre cette histoire d’amour, Pouchkine nous décrit, d’une certaine manière, la société dans laquelle il vit; à mon avis on peut même y voir une critique de celle-ci. Précédemment, je disais que Pouchkine nous laissait imaginer la fin, en réalité, il avait prévu un neuvième chapitre, qu’il n’a jamais terminé.

Etonnement, j’ai aimé ce classique, alors que c’est de la poésie, genre littéraire que je n’apprécie pas du tout. Mais comme le dit Pouchkine lui même, Eugène Onéguine n’est pas vraiment un poème, mais plutôt un roman en vers. Le seul auteur russe que j’avais lu jusqu’à présent, était Tolstoï et son Guerre et Paix. Du coup, cet ouvrage m’a donné envie de lire d’autres classiques de la littérature russe. Par ailleurs, cette traduction de Jean-Louis Backès, rend ce roman très facile à lire. Je ne peux que vous recommander cette lecture.

Elodie


Quelques infos supplémentaires :

Poème/Roman en vers

Editeur: Folio

Date de parution: le poème a été composé entre 1821 et 1831 ,et publié chapitre par chapitre. La première publication complète date de 1833. Il s’agit ici d’une réédition de 1996.

Prix: 8€20

Pages: 336

Le deuxième sexe (tome 1) de Simone de Beauvoir

2ème sexeCela faisait longtemps que je voulais lire un ouvrage de Simone de Beauvoir, en particulier Le deuxième sexe. Mais je n’osais pas, par peur que ce soit trop compliqué à lire, trop intello. Et puis, j’ai de très mauvais souvenirs de la philo au lycée; donc ça n’aide pas. Cet ouvrage est forcément, un peu, intellectuel, ça reste un essai philosophique. Mais, j’ai été surprise par la facilité que j’ai eu à le lire.

Simone de Beauvoir étant considérée comme l’une des théoriciennes du féminisme en France, cet ouvrage parle de ce sujet, comme son titre l’indique. C’est un ouvrage sur la (les) femme(s), écrit par une femme, à l’attention des femmes, mais je dirais aussi des hommes.

Ce premier tome est composé de trois parties. La première est consacrée au destin, la seconde à l’histoire et la dernière aux mythes. Dans la partie « Destin », l’auteure revient sur trois points de vue sur la femme,  le point de vue biologique,  le psychanalytique et celui du matérialisme historique. Dans la sous-partie biologie, elle s’intéresse notamment à la place de la femelle dans les autres espèces animales. Dans la partie « Histoire », elle part de l’Antiquité jusqu’à 1949 (date de parution de l’essai). Elle y décrit la place ou plus souvent la non-place de la femme dans différentes sociétés. Elle y relate les progrès qui ont pu avoir lieu, mais aussi les régressions. Enfin, dans la partie « Mythes », elle revient sur quelques mythes liés aux femmes. Elle propose également une réflexion sur la place de la femme/des femmes, dans les oeuvres de certains écrivains.

J’ai apprécié cet ouvrage dans son ensemble, ma partie préférée étant celle sur l’histoire. Dans la partie Mythe, j’ai trouvé intéressant cette réflexion sur le regard des écrivains sur les femmes, dans leurs ouvrages. Par contre, la partie « Destin » m’a moins plu, notamment la sous-partie biologie. Certains passages de l’ouvrage m’ont paru longués, mais dans l’ensemble ça va, et comme je le disais précédemment, cet essai se lit assez facilement. Cette réflexion sur la place des femmes, le regard qu’on porte sur elles, nous montre qu’il y a eu des améliorations; certaines pensées de De Beauvoir sont même aujourd’hui dépassées. Mais, on se rend compte qu’un certain nombre de choses qu’elle décrit ou affirme sont encore d’actualité, même en France. Et c’est franchement malheureux. Donc on voit, en lisant cet essai, que nos sociétés n’ont pas assez évolué sur la vision et la place des femmes dans celles-ci. Des efforts sont encore à fournir. Et parfois, quand on voit ce qu’il se passe d’en d’autres pays, on se rend compte que nos acquis, nos droits, obtenus par nos aïeules, sont encore à défendre. Pour ma part, je pense que c’est un ouvrage à lire, tant par les femmes que par les hommes, même s’il n’est pas forcément à la portée de tous. Je pense donc que je lirai le tome 2.

Elodie


Quelques informations supplémentaires:

Essai

Editeur: Folio

Date de parution: 1949 (réédition de 1986)

Prix: 10€40

Pages: 408