« Temps glaciaires » : des brumes islandaises à Robespierre

Temps glaciairesTemps glaciaires est le dernier ouvrage de Fred Vargas, qui en matière de romans policiers est une de mes auteures préférées. A vrai dire, c’est un ouvrage qui s’est fait attendre, puisque quatre ans le sépare de son prédécesseur, L’Armée furieuse, paru en 2011. Cette attente est en partie du à un changement d’éditeur, puisque Fred Vargas a quitté les Editions Vivianne Hamy, pour passer chez Flammarion.

Moi, qui jusque là, ai toujours eu l’habitude d’acheter les ouvrages de cette auteure en format pocket, l’attente était trop longue avant une éventuelle sortie dans ce format. C’est pourquoi, j’ai demandé à ce qu’on me l’offre en broché, c’est cette version que je vous présente ici. Néanmoins, le roman est sorti en format de poche chez J’ai lu, en avril 2016.

« Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur sa table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’œil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment. La femme du 33 bis ? demanda-t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes, il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ? Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur grand fumeur grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à cent ans. Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait, les tiques ? » 

Dans cette nouvelle aventure, Adamsberg est confronté à une double enquête, dont le point de départ est un suicide, qui apparaît très vite suspect, puisqu’il est signé avec une figure en forme de guillotine. Au fur et à mesure de cette double investigation, différentes pistes vont apparaître, parmi celles-ci, l’une va le mener en Islande, et une autre, vers une étrange société robespierriste. Comme à son habitude, le commissaire, qui est lunaire, rêveur, dans son monde bien à lui, va à contre-courant de son équipe. Les différents protagonistes liés à ces affaires, mentent comme ils respirent.  Ils semblent effrayés, mais pourquoi? et à cause de qui?  Au commissariat, la révolution gronde, le commissaire se retrouve peu à peu isolé, et même le fidèle commandant Danglard prend ses distances, et se verrait bien à  la place du chef. Finalement, grâce à ses pérégrinations, parfois lointaines et tirés par les cheveux, Adamsberg trouve la clé de cette série de meurtres.

Moi qui suis une inconditionnelle des romans de Fred Vargas, en particulier des aventures du commissaire Adamsberg, je dois dire que j’ai été un peu déçue par ce nouveau roman. Je trouve qu’il n’est pas à la hauteur des précédents. En soi, rien n’a vraiment changé, le schéma du récit est à peu près le même que d’habitude. Et l’histoire en elle-même est plutôt bien. Mais, j’ai eu du mal à me mettre dedans, et à vrai dire je ne sais pas trop pourquoi, je ne sais si c’était mon humeur, ou si c’est à cause du récit. Néanmoins, j’ai trouvé (et c’est peut-être le problème) que les personnages étaient moins « poussés » que d’habitude. Dans les précédents romans, on en apprenait un peu plus, sur chacun des enquêteurs, ce qui permettait au fil des ouvrages, d’avoir un meilleur aperçu de leur personnalité et de leur vie. Mais là, on ne retrouve pas ça, alors que je pense qu’on peut encore en apprendre sur eux, et que certains ont encore des choses à nous dévoiler. Je trouve par ailleurs dommage, que le personnage de Camille n’apparaisse plus, depuis plusieurs romans déjà. La seule chose qui bouge un peu, c’est le fait que Danglard remette un peu en cause les propositions de son supérieur, lui qui l’un de ses plus fidèles enquêteurs. Adamsberg est toujours, lunaire, rêveur, mais j’ai trouvé qu’il ne l’était pas autant que d’habitude. Il est même plutôt « lisse » comparé à ses aventures antérieures. Pour les personnages liés au meurtre, certains sont développés plus que d’autres, ce qui est normal, mais encore une fois, je trouve que l’auteure ne va pas assez en profondeur. L’histoire en elle-même est plutôt bien ficelée, mais il manque un je-ne-sais-quoi, qui aurait fait de ce récit un aussi bon roman que les précédents.

Pour conclure, je dirais que j’ai assez aimé ce roman, mais je suis un peu déçue. J’en attendais peut-être trop de cet ouvrage. Je vous recommande tout de même sa lecture.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Editeur : Flammarion
  • Date de sortie : mars 2015
  • Genre : Policier
  • Prix: 19€90
  • Pages : 490

Jours d’orage de Kathrine Kressmann Taylor

jours d'orageKathrine Kressmann Taylor est surtout connue pour Inconnu à cette adresse, qui est un chef-d’oeuvre de la littérature. Une nouvelle fois, dans ce roman , l’auteure mêle la petite et la grande histoire.

« Toscane, 1960. Amanda Lashe, jeune veuve américaine, s’installe quelques mois à Florence avec sa fille. Mais lors d’une excursion dans les collines environnantes un terrible orage éclate, les obligeant à s’établir provisoirement dans un village isolé: Rocca al Sole. Elles y font la connaissance du marquis Eduardo Carleone. Quinze ans auparavant, il avait perdu sa femme, sauvagement assassinée par les nazis qui, envahissant les collines, avaient massacré femmes et enfants. Depuis ce jour, la rancœur des villageois envers les Allemands n’a jamais connu de repos. Lorsque le matin de l’orage ils identifient un de leurs tortionnaires parmi un groupe de touristes allemands, les villageois décident de faire justice eux-mêmes. Dès lors, ce village coupé du monde devient le théâtre de vives tensions. »

Dans ce roman, il est question du passé, de l’histoire, de la mémoire, de l’oubli, du pardon, mais également de renaissance. Si l’on revient sur les deux personnages principaux, on a d’un côté Amanda Lashe, une jeune veuve américaine, qui a quitté les Etats-Unis avec sa fille de 8 ans, car elle ne s’y sentait plus à sa place, pour l’Italie, un pays où elle s’est toujours sentie bien. De l’autre, on a le marchese Eduardo Carleone, également veuf, qui peine à se reconstruire. Autour d’eux gravitent d’autres personnages, qui pour certains ont un comportement plus qu’étrange. Eduardo et Amanda, sont tous les deux en quête de bonheur, mais également d’une certaine liberté .

J’ai aimé le fait que le roman parle de mémoire et de pardon, par rapport à un évènement tragique. Par ailleurs,  il y a également une histoire d’amour qui se créer dans ce « chaos », même si celle-ci arrive un peu comme un « cheveu sur la soupe ». Le roman en lui-même est plutôt pas mal, mais il n’est clairement pas du niveau d’Inconnu à cette adresse. Néanmoins, il se lit facilement et très vite (pour ma part, je l’ai lu en 3 heures). Donc ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais si vous avez une après-midi à perdre ou à ne rien faire, vous pouvez lire cet ouvrage, vous passerez un agréable moment avec .

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

Roman

Editeur: Flammarion

Date de parution: réédition de 2008

Prix: 19€90

Pages: 227