Juste la fin du monde de Xavier Dolan

juste la fin du mondeAdapté de la pièce éponyme de Jean-Luc Lagarce, ce drame de Xavier Dolan, avec Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Nathalie Baye, Vincent Cassel et Léa Seydoux, est sorti sur nos écrans le 21 septembre 2016. Ce long-métrage a par ailleurs reçu la Grand Prix au dernier Festival de Cannes.

« Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude. « 

La bande-annonce du film me faisait vraiment envie, le fait qu’il ait reçu un prix à Cannes m’intriguait aussi, et puis c’est un film de Xavier Dolan, donc forcément je ne pouvais qu’aller le voir.

A vrai dire, à la fin de la séance, je suis restée perplexe. Et en toute honnêteté, je le suis toujours. Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce film. Je n’ai pas été enthousiasmée, mais pas déçue non plus. Mon ressenti est assez difficile à expliquer. En fait, quelque chose me gêne dans ce long-métrage, mais je n’ai toujours pas réussi à déterminer quoi.

La trame de fond est plutôt pas mal, c’est assez tragique. On suit pendant quelques heures Louis, un jeune homme malade, qui revient après douze ans d’absence dans sa famille. Il souhaite annoncer à ses proches qu’il va bientôt mourir. A vrai dire, on peut comprendre pourquoi, il est parti si longtemps, vu la famille qu’il a. A son retour, il retrouve sa mère, qui ressemble à un pot de peinture, son frère ainé, brutal et cynique, sa sœur, rebelle, et que finalement il ne connaît pas, et enfin, sa belle sœur, douce et gentille, qu’il n’a jamais vu et qui semble être le seul élément stable de cette famille « déglinguée ».

Dès le départ, le spectateur se retrouve dans un huis-clos assez pesant, où les silences sont nombreux et très lourds. Preuve qu’on ne peut pas rattraper douze ans d’une vie en quelques heures. Je trouve le choix du huis-clos très judicieux, cela rend l’atmosphère très pesante, presque hostile, et cela va bien avec l’histoire. Il n’y a pas trop dialogues, mais le réalisateur a fait le choix de filmer ses acteurs de manière rapprochée, voire de ne filmer que les visages, ce qui nous permet de lire directement les émotions, les non-dits de chacun des personnages. Par ce biais, cela permet aussi de voir que certains personnages n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Cette façon de filmer permet enfin de nous rendre compte que l’on a affaire à de bons acteurs, puisque quelqu’un qui joue mal, cela se voit immédiatement. J’ai aussi beaucoup aimé le choix des musiques, qui rythment vraiment le film, qui sont entêtantes, et qui sont véritablement le reflet d’une époque. Dans ce film, je donne une mention spéciale à Gaspard Ulliel qui est magistral dans ce rôle, mais également à Marion Cotillard, que j’ai trouvé magnifique. A vrai dire, même si je n’ai pas vu tous ses derniers films, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu jouer aussi bien.

Comme je le disais précédemment, ce film ne m’a pas complètement plu. Le problème est que je ne sais pas ce qui me gène. Est-ce le fait que ce soit un huis-clos? Est-ce l’atmosphère générale? Les personnages? Je pense que c’est un mélange de tout. Ce qui est sur, c’est que je n’ai pas trouvé Léa Seydoux très crédible, en jeune fille paumée et rebelle. Personnellement, je n’y croix pas du tout.

Malgré mon ressenti mitigé, pour ceux qui apprécient l’univers de Xavier Dolan, je vous conseille tout de même de voir Juste la fin de monde.  Mais, pour ma part, ce n’est pas le meilleur de ses films.

Elodie

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Le labyrinthe du silence : quand l’Histoire remonte à la surface

Le labyrinthe du silenceEn préparant cet article, je me suis aperçue que beaucoup de mes lectures ou des mes visionnages de films et séries de l’été, tournaient autour du thème de la Seconde Guerre Mondiale et/ou de l’Allemagne. Je dois dire que je n’en ai absolument pas fait exprès. Mais c’est l’occasion pour moi, de vous faire découvrir ou redécouvrir des oeuvres que j’ai apprécié sur ce(s) thème(s).

Je poursuit donc ici avec Le labyrinthe du silence (Im Labyrinth des Schweigens en VO) de Giulio Ricciarelli. Dans ce drame historique allemand, sorti sur nos écrans le 29 avril 2015, les rôles principaux sont tenus par Alexander Fehling (Johann Radmann), André Szymanski (Thomas Gnielka), Friederike Becht (Marlene Wondrak), ou encore Gert Voss (Fritz Bauer).

« Allemagne 1958 : un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant servi à Auschwitz. Mais il doit faire face à de nombreuses hostilités dans cette Allemagne d’après-guerre. Déterminé, il fera tout pour que les allemands ne fuient pas leur passé. « 

Le labyrinthe du silence raconte l’histoire de Johann Radmann, un jeune procureur allemand, qui fait la connaissance d’un journaliste et d’un rescapé d’Auschwitz, lorsque ledit journaliste fait une esclandre au tribunal de Francfort, car son ami a reconnu un ancien nazi ayant servi le camp. Nous en sommes en 1958, et l’Allemagne veut tourner à tout prix la page de son passé honteux. Johann Radmann est alors le seul à s’intéresser à ce cas, sans réellement savoir ce qu’était Auschwitz, lui, pensant naïvement que ce n’était qu’un simple camp de détention. Finalement, la « grande » Histoire va le rattraper. Il va se battre pour ces rescapés, et va tout faire pour que ces criminels soient jugés, en Allemagne. Le labyrinthe du silence 1Il émane une sorte de résistance, de combativité de cet homme face à l’administration allemande, qui est un peu trop conciliante envers les « anciens » nazis. Il fait donc face à un certain nombre d’obstacles, mais aussi de désillusions. Le film est aussi une belle histoire d’amitié, avec ses hauts et ses bas.

C’est un très beau film, qui nous montre l’Allemagne de la fin des années 1950, mais surtout ce silence très pesant , qui régnait au sein de l’Administration, et de l’Etat en général. Il ne fallait rien dire du passé, ne pas faire d’esclandre. Alors que pour Johann Radmann, son supérieur Fritz Bauer, ses amis et plus proches collaborateurs, il faut au contraire faire éclater la vérité à tout prix, affronter ce passé douloureux, pour que l’Allemagne puisse se reconstruire convenablement. Pour ceux qui commencent à me connaître, vous savez que j’aime le cinéma allemand, en particulier par sa capacité à se questionner sur son passé, sur son histoire, qui n’a pas toujours été très glorieuse. C’est une nouvelle fois le cas ici. Les acteurs incarnent véritablement leurs personnages, notamment Alexander Fehling dans le rôle du jeune procureur Radmann, acteur que j’ai découvert dans la saison 5 de Homeland. Ce film nous montre une époque, et les silences qui l’ont accompagnée. On voit que l’Etat allemand a eu un comportement conciliant, voire laxiste envers ses anciens dirigeants et criminels nazis.

C’est un film que je vous recommande chaudement de voir (je vous mets la bande-annonce ci-dessous).Je pense qu’il est complémentaire de celui consacré à Fritz Bauer, que je n’ai pas malheureusement pas encore vu, mais dont il est question ici.

Elodie

American Sniper de Clint Eastwood

American sniperAprès Fury la semaine dernière, je vous propose un autre film de guerre, à savoir American Sniper.

Dans ce film réalisé par le très célèbre Clint Eastwood, les rôles principaux sont joués par Bradley Cooper (Chris Kyle), Sienna Miller (Taya Kyle), Luke Grimes (Marc Lee), ou encore Jake McDorman (Biggles). Il est sorti sur nos écrans le 18 février 2015.

« Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale. »

Ce film est tiré d’une histoire vraie, celle de Chris Kyle, qui a participé aux prémices du projet, mais son assassinat en 2013 par un vétéran de l’armée américaine a changé la donne. Dans le film, on suit le parcours de cet homme, de son enfance et adolescence (sous forme de flash-back) à sa retraite. Après les attentats des ambassades américaines de Nairobi au Kenya et de Dar es Salaam en Tanzanie, le 7 août 1998, Chris Kyle, souhaitant servir son pays, s’engage dans l’armée américaine. Il intègre un corps d’élite, les SEAL, où il apprend à devenir sniper. Après l’invasion de l’Irak, par l’armée américaine en 2003, ce dernier est envoyé sur le front, où il a pour mission de protéger les troupes évoluant au sol. Il part ainsi pour quatre missions, réparties sur plusieurs années. La guerre change un homme. En effet, quand Chris Kyle rentre chez lui, il n’est plus le même, il a un comportement étrange, ce qui d’un autre côté, doit être tout à fait normal. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui, un stress ou choc post-traumatique. Il faut dire que la violence est omniprésente, comme dans toute guerre, qu’ils ont vu des horreurs et en ont perpétrés également. Donc forcément, tout cela doit joué sur la conscience et sur leur stabilité mentale.

Le film s’intéresse également à la femme de Chris Kyle, Taya. On voit que celle-ci fait tout ce qu’elle peut pour faire fonctionner la maison, quand son mari est en mission. En fait, c’est elle le chef de famille, c’est elle qui éduque leurs enfants, c’est une femme qui se sent seule, comme la plupart des femmes de militaires, je suppose. Elle vit sans cesse dans l’angoisse, quelques scènes montre cela de façon très explicite. Quand son mari est de retour, rien ne change vraiment, puisqu’il est là, sans être là. On voit bien que son métier est devenu une véritable drogue. Lui, trouve son comportement normal, et ne veut donc pas se faire aider. On voit aussi qu’il règne un esprit de compétition, car si Chris Kyle est devenu « La Légende », les ennemis ont aussi la leur, à savoir un ancien participant aux  Jeux Olympiques. La question est de savoir lequel des deux tuera l’autre en premier.

Ce film, outre qu’il nous montre toutes les horreurs de la guerre, il nous montre aussi que les participants n’en sortent pas indemnes, même s’ils sont vivants. Ce qui est très intéressant avec ce film, c’est que l’on voit tout l’aspect psychologique de ces hommes . Le film s’intéresse aux ravages psycho-traumatiques du conflit sur ces hommes et leurs familles. Du coup, ce n’est pas un film de guerre pur et dur, puisqu’il y a toute cette dimension humaine. On s’aperçoit, que bien que formés à cela, ces hommes ne sont pas que des machines de guerre. Par ailleurs, au fil des missions, certains des soldats de cette unité d’élite se posent des questions sur le bien-fondé de leurs actions en Irak. Même si une grande partie du film traite de ces missions, il est aussi question de l’après, de leur retour à la vie réelle. En effet, une fois mis à la retraite, on se rend compte que ce retour à la vie normal n’est absolument pas évident pour ces soldats, c’est même très difficile. Certains ne supportent pas cette situation.

J’ai trouvé que les acteurs étaient tous très bons, très justes dans leurs rôles. Ils incarnent véritablement leurs personnages, alors même que certains sont des personnes existantes. Le film est bien écrit, je pense qu’il reflète assez bien ce que ces hommes ont pu vivre sur le terrain, même si on est encore surement  loin de la réalité. Pour moi, c’est un très bon long-métrage, que je ne peux que vous conseiller (je vous mets la bande-annonce ci-dessous). Mais, vu le sujet et la violence de certaines scènes, âmes sensibles s’abstenir.

Elodie

 

 

Fury de David Ayer

FuryFury est un film de guerre sino-américano-britannique, sorti sur les écrans français le 22 octobre 2014.

Au casting, on trouve le grand Brad Pitt (Don « Wardaddy » Collier), Shia Labeouf (Boyd « Bible » Swan), Logan Lerman (Norman Ellison), Michael Pena (Trini « Gordo » Ggarcia), et Jon Bernthal (Grady « Coon-Ass » Travis).

« Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur… »

C’est un film que je voulais voir quand il est sorti en salles, mais que je n’ai pas pu voir à ce moment là, et ensuite j’ai eu beaucoup de mal à le trouver. J’ai finalement réussi à l’emprunter.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes résistent comme elles le peuvent, et sont tellement démunies, qu’elles enrôlent des adolescents. Parallèlement, les troupes alliées, et plus précisément américaines ici, avancent en pays ennemi, avec les moyens du bord. Des deux côtés, les soldats sont à bout de souffle; les combats sont très violents. L’unité de tanks du sergent Wardaddy est envoyée dans les missions les plus périlleuses, missions d’où ne reviennent que très peu d’hommes. Cela s’explique notamment par la supériorité des chars allemands « Tigres », sur les chars américains « Sherman ». Après avoir perdu la quasi-totalité de son unité, ainsi que son copilote, le sergent Wardaddy est envoyé une nouvelle fois en mission, mission assez suicidaire. Avec ses hommes, il doit prendre un carrefour stratégique, pour éviter que les lignes d’approvisionnement américaines ne soient coupées par une contre-offensive allemande. Mais, évidemment, tout ne se passe pas comme prévu.

Je n’ai absolument pas été déçu par ce film, c’est ce à quoi je m’attendais. C’est un film de guerre, donc forcément certaines images sont violentes (le film a été interdit aux moins de 12 ans). Mais la guerre en générale est violente, et donc ici, on a un aperçu des horreurs qu’ont pu vivre les soldats, qu’ils soient américains ou allemands. Au delà de cela, c’est également un film sur l’amitié et sur la fraternité. Cela me rappelle un peu les films et/ou séries de Steven Spielberg, je pense bein évidemment à Il faut sauver le soldat Ryan, ou encore, à Band of Brothers. On sent réellement cela dans le jeu des acteurs. Ce film traite également de l’amour, ou plutôt des premiers émois amoureux, parenthèse heureuse, dans les horreurs de la guerre. J’ai également apprécié le fait que le film relate l’histoire de tankistes, leur quotidien, leur confinement, choses qui sont assez peu traitées au cinéma.

J’ai trouvé que les acteurs étaient très bons et très justes dans leur rôle, notamment Brad Pitt, que l’on ne présente plus. Mais également, Logan Lerman (que j’ai découvert dans Le monde de Charlie), en jeune recrue, absolument pas faite pour la guerre, et qui se demande ce qu’il fait dans ce bourbier. Donc, pour les personnes qui aiment ce genre de film, je ne peux que vous conseiller de le voir.

Elodie

« Gabrielle », ou le droit à la normalité

GabrielleGabrielle est un film canadien de Louise Archambault, sorti sur nos écrans le 16 octobre 2013. Il s’agit à la fois d’un drame et d’une romance.

On trouve dans la distribution Gabrielle Marion-Rivard, Alexandre Landry, ou encore, Mélissa Désormeaux-Poulin.

« Gabrielle, atteinte du syndrome de Williams, possède une joie de vivre contagieuse ainsi qu’un don exceptionnel pour la musique, qu’elle développe au sein d’une chorale. Elle y rencontre Martin, dont elle s’éprend immédiatement. Mais en raison de leur différence, leur entourage ne leur permet pas de vivre cet amour comme ils l’entendent. Au moment où le groupe se prépare pour un important festival de musique, Gabrielle fait tout pour prouver son autonomie et gagner son indépendance. Déterminée, elle devra affronter les préjugés et ses propres limites pour espérer vivre avec Martin une histoire d’amour qui n’a rien d’ordinaire. »

Cette jeune adulte handicapée vit dans un centre spécialisé, et fait partie d’une chorale, qui doit chanter avec Robert Charlebois, lors d’un festival de musique. Dans celle-ci, elle a rencontré Martin, et elle est tombée en amour pour lui. Mais, la mère de Martin voit d’un très mauvais œil cette relation, en partie, parce que Gabrielle n’est pas autonome. Face à cela, cette dernière va chercher à s’émanciper, à prouver qu’elle peut être indépendante. Tout cela avec le soutien de sa sœur Sophie, avec laquelle elle entretient une relation quasi-fusionnelle. Donc, on suit le parcours de Gabrielle, on vit son chagrin, son désespoir, sa peine. Mais, face à ce projet un peu fou, on ne peut être qu’enthousiasmé par sa volonté. Ce film narre une histoire d’amour presque comme les autres.

Ce long-métrage porte un regard positif sur la différence. Il nous montre que les personnes handicapées, sont des personnes comme les autres, qu’elles ressentent des émotions comme tout le monde, et surtout qu’elles veulent vivre comme nous. C’est un très beau film, touchant, poétique, émouvant. Cette histoire fait penser à celle de Roméo et Juliette, qui sont prêts à tout pour vivre leur amour. Ce qui est remarquable également, c’est que la plupart des acteurs du film, sont eux-mêmes handicapés, y compris l’actrice principale. Alors qu’en général, les acteurs employés pour ce genre de film, ne font que jouer un rôle.

Gabrielle est un film qui a touché le public à l’international. Il a été sélectionné dans de nombreux festivals, dont celui de Toronto, mais il a surtout été récompensé de nombreuses fois. Il a reçu, entre autres, le Prix du public, au Festival international du film francophone de Namur en 2013; le Prix du public, au Festival international du film de Locarno en 2013; ou encore,  le Prix jeune public et le Prix d’interprétation masculine, au Festival du film francophone d’Angoulême, la même année.

J’ai aimé ce film, et je ne peux que vous le recommander.

Elodie

 

’71, ou la guerre civile en Irlande du Nord

'71’71 est un film du réalisateur français Yann Demange. Il s’agit en fait de son premier long-métrage,  puisqu’il réalisait jusque là des pubs ou des épisodes de séries.

« Belfast, 1971. Tandis que le conflit dégénère en guerre civile, Gary, jeune recrue anglaise, est envoyé sur le front.
La ville est dans une situation confuse, divisée entre protestants et catholiques.
Lors d’une patrouille dans un quartier en résistance, son unité est prise en embuscade. Gary se retrouve seul, pris au piège en territoire ennemi.
Il va devoir se battre jusqu’au bout pour essayer de revenir sain et sauf à sa base. »

Le film relate les troubles qui ont eu lieu en 1971, en Irlande du Nord, et plus particulièrement ici, à Belfast. Sans être une spécialiste de l’histoire de l’Irlande, je sais que  les tensions existaient déjà au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Irlandais, de confession catholique en majorité,  voulant leur indépendance vis-à-vis du Royaume Uni. Au moment où l’histoire se déroule, l’Irlande du Nord fait toujours partie intégrante du Royaume Uni; la majorité de sa population étant de confession protestante, cela entraine de nombreuses tensions avec la minorité catholique. Tensions qui tournent à l’émeute, puis se transforment en une guerre civile. Aujourd’hui, ils existent toujours des tensions religieuses dans certaines villes d’Irlande du Nord.

Dans le film, le personnage principal, Gary Hook, est une jeune et nouvelle recrue britannique, qui croyant partir en station en Allemagne, se retrouve à Belfast. Il est envoyé dans ce chaos. Lors d’une intervention, il est pris dans une émeute, se retrouve seul, et du mauvais côté de la ville.

'71 imageOn suit son errance pendant environ une journée et une nuit, pendant lesquelles il va se passer un certain nombre d’évènements. Un petit groupe de catholiques, sachant qu’il est vivant, veut sa peau. Ses camarades anglais ne partent pas réellement à sa recherche. C’est un tout petit groupe d’officiers, qui est chargé de le retrouver. On peut même penser que ces hommes font partie des services secrets britanniques, du moins ils mènent des actions clandestines. Et on se rend compte, qu’ils ne sont pas très clairs, voire qu’ils jouent un double jeu. Gary se retrouve donc dans une situation déplorable, et, vit un véritable enfer.

Les évènements du films se déroulent sur quelques heures, mais cela rend l’histoire très intense. Il y a du suspens, on se croirait presque dans un thriller. Il y a de l’action, des scènes de combats. '71 image 1On se rend bien compte que vivre à Belfast à cette époque devait être très dur, très compliqué. C’était un peu l’anarchie. Et je pense que Yann Demange a bien su restituer cette ambiance si particulière. D’ailleurs, en faisant ce film, il ne porte pas de jugements. Certes, on vit les évènements du point de vue de Gary, mais, bien qu’il soit normalement du côté britannique, on sent bien qu’il est paumé, qu’il est un véritable pion entre deux camps. Le réalisateur ne fait pas ici un film anti-cathos ou anti-protestants; il est presque dans la neutralité. Cette tension qui est vécue dans ce film, ressort aussi sur l’affiche. On voit bien que le personnage principal est pris dans un chaos, qu’il est là pour aider. Il n’y a aucune hostilité qui émane de lui, et cela se confirme dans le film.

’71 est un film que je voulais voir, et je n’ai pas été déçue. J’ai aimé l’histoire, le suspens, le très bon travail de Yann Demange. Les acteurs sont très justes, notamment Jack O’Connell, qui a depuis tourné avec Angelina Jolie (Invincible, en 2015). Le seul petit bémol (mais peut-être est-ce-du à une faute d’inattention de ma part) est qu’au départ je n’ai pas compris pourquoi Gary s’engageait, ni le lien qui l’unissait au petit garçon que l’on voit au début et à la fin du film. Ce n’est qu’en regardant les suppléments du DVD, que j’ai compris qu’il s’engageait par nécessité, qu’il devait subvenir à ses besoins, ainsi qu’à ceux de son petit frère. Hormis ceci, c’est vraiment un bon film. Il a d’ailleurs été sélectionné dans plusieurs festivals comme celui de Berlin et de Dinard en 2014. Il a par ailleurs reçu le Prix du Jury du Festival international du film policier de Beaune en 2014, ainsi que le prix du meilleur réalisateur aux British Independant Film Awards, la même année. J’espère que vous apprécierez également ce film, si vous ne l’avez pas déjà vu.

Bon visionnage

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Avec: Jack O’Connell, Paul Anderson, Sam Reid….
  • Date de sortie : 5 novembre 2014 (1h44)
  • Genre : Action, drame, guerre
  • Nationalité: Britannique

En mai fais ce qu’il te plait

En mai fais ce qu'il te plaitEn mai fais ce qu’il te plait, est le dernier film de Christian Carion, sorti en 2015. Ce film traite de l’exode qui eu lieu en 1940, en France. C’est un évènement qui est assez peu traité au cinéma, alors même qu’il entraîna près de huit millions de Français sur les routes, fuyant l’avancée allemande. L’un des grands films traitant également ce sujet est Les Egarés d’André Téchiné, sorti en 2003.

« Mai 1940. Pour fuir l’invasion allemande, les habitants d’un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l’Angleterre… »

On a ici tous les ingrédients pour avoir un bon film. Tout d’abord le titre. En effet, en ce qui me concerne, le titre (mais pas que) m’a donné envie de voir ce film. Je trouve que derrière ce titre, il y a une envie de liberté, voire de rébellion. Ensuite, on a une histoire plutôt intéressante, traitant d’un évènement qui a marqué des millions de Français. Mais on a surtout l’histoire d’un père qui recherche son fils, dans ce chaos. Enfin, on a de très bons acteurs, comme Olivier Gourmet, mais surtout ici, August Diehl.

Malgré tout cela, j’ai plutôt un sentiment mitigé envers ce film. Je dirais même que j’ai été un peu déçue, je m’attendais à mieux. Je ne saurai dire exactement ce qui ne va pas dans ce film, mais, il y a quelque chose qui me gène. Le film semble plutôt bien retranscrire ce qu’a été l’exode. Mais c’est peut-être l’histoire en elle-même qui pêche un peu. L’histoire du père et de son fils, manque peut-être de crédibilité. Dans tous les cas, ce n’est pas un mauvais film, mais il n’est pas excellent non plus. Il n’est en tout cas, pas du niveau de Joyeux Noël, du même réalisateur, sorti en 2005.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

  • Avec : August Diehl, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Alice Isaaz…
  • Date de sortie: 4 novembre 2015
  • Durée : 1h54
  • Genre : drame, guerre
  • Nationalité : Français

 

Les souvenirs de Jean-Paul Rouve

les souvenirsLes souvenirs est une libre adaption du roman éponyme de David Foenkinos, paru en 2011. Il a d’ailleurs co-écrit le scénario avec Jean-Paul Rouve.

« Romain a 23 ans. Il aimerait être écrivain mais, pour l’instant, il est veilleur de nuit dans un hôtel. Son père a 62 ans. Il part à la retraite et fait semblant de s’en foutre. Son colocataire a 24 ans. Il ne pense qu’à une chose : séduire une fille, n’importe laquelle et par tous les moyens. Sa grand-mère a 85 ans. Elle se retrouve en maison de retraite et se demande ce qu’elle fait avec tous ces vieux.
Un jour son père débarque en catastrophe. Sa grand-mère a disparu. Elle s’est évadée en quelque sorte. Romain part à sa recherche, quelque part dans ses souvenirs… »

Les souvenirs est le troisième film de Jean-Paul Rouve en  tant que réalisateur. Et c’est un très beau film. Il est trans-générationnel. Il mêle le comique au dramatique. C’est un film très touchant, émouvant et bienveillant. Les personnages ont tous des failles, ils ne sont pas lisses. C’est un film qui pose un certain nombre de questions sur l’avenir des jeunes, sur la retraite, la place des personnes âgées dans la société, sur nos envies, nos espoirs.

J’ai aimé ces liens quasi-fusionnels entre une grand-mère et son petit-fils. On a l’impression qu’il est le seul à la comprendre. Cette mamie fugueuse n’a finalement qu’une envie, qu’on la laisse tranquille, et qu’on la laisse faire ce qu’elle veut tant qu’elle le peut. On a également l’impression que le petit-fils est plus responsable que son propre père, vis-à-vis de sa grand-mère. Du fait que c’est un film qui touche toutes les générations, tout le monde peut se retrouver dans les personnages, qui finalement sont Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Les acteurs sont également très bons, très justes dans leur rôle, notamment Annie Cordy, qu’on ne voit pas souvent dans ce genre de rôle. La grande révélation du film est bien sur Mathieu Spinosi, qui s’est surtout fait connaître grâce à la série Clem.

Pour moi ce film est à voir, il ne peut que vous toucher.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

Réalisateur: Jean-Paul Rouve

Distribution: Annie Cordy, Michel Blanc, Mathieu Spinosi, Chantal Lauby…

Date de sortie : 14 janvier 2015 (1h30)

Genre: comédie, drame

Nationalité : français.

 

« Brooklyn » ou le rêve américain?

Brooklyn« Dans les années 50, attirée par la promesse d’un avenir meilleur, la jeune Eilis Lacey quitte son Irlande natale et sa famille pour tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. À New York, sa rencontre avec un jeune homme lui fait vite oublier le mal du pays… Mais lorsque son passé vient troubler son nouveau bonheur, Eilis se retrouve écartelée entre deux pays… et entre deux hommes ».

Brooklyn nous décrit le destin d’une jeune Irlandaise, qui quitte son pays dans l’espoir d’une vie meilleure. Comme des milliers de jeunes Irlandais avant elle, elle quitte un pays qui n’offre aucun avenir pour sa jeunesse. On suit Eilis dans son périple: elle subit une traversée houleuse, l’arrivée à l’immigration sur Ellis Island, puis le saut dans l’inconnu. Elle se retrouve à Brooklyn, qui semble être le point de chute de nombreux compatriotes. On peut donc considérer Brooklyn comme une petite Irlande, où tout est fait pour se sentir comme au pays, les cafés, les bals, etc. Tout est fait pour que ces jeunes femmes ne se retrouvent pas seules, puisqu’elle loge dans une sorte de foyer pour jeunes Irlandaises, où se recréé une atmosphère familiale. Néanmoins, les premiers mois sont très difficiles. Ses proches lui manquent, elle a le mal du pays. La vie est plus dure qu’elle ne le pensait sans doute. Les choses s’arrangent lorsqu’elle commence des cours du soir, mais surtout après sa rencontre avec Tony, un jeune Italo-Américain. Elle retrouve sa joie de vivre. Mais après un drame survenu en Irlande, elle va devoir faire des choix.

Brooklyn est un beau film, qui nous entraîne dans les années 1950. Il est assez facile de s’identifier au personnage d’Eilis, qui est une jeune femme touchante. Ce qu’elle vit est encore d’actualité, puisque nombre de jeunes Français notamment, partent à l’étranger dans l’espoir d’un avenir meilleur. Ce film nous montre que même si l’envie est là, il n’est pas forcément facile de tout quitter, de s’intégrer dans un nouveau pays, qu’il y a des hauts et des bas. Saoirse Ronan est magnifique dans ce rôle de jeune fille frêle qui s’affirme peu à peu. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été nommée aux Oscars 2016. Donc pour ceux qui aiment les films dramatiques, les romances, ou même pour ceux qui n’ont pas l’habitude de voir ce genre de film, je vous conseille de visionner ce long-métrage.

Elodie


Quelques infos supplémentaires:

Brooklyn est un film de John Crowley et Paul Tsan, avec Saoirse Ronan, Domhnall Gleeson, Emery Cohen…

Date de sortie: 9 mars 2016

Durée: 1h53

Genre: Drame, romance

Nationalités: Irlandais, Britannique, Canadien.

Whiplash : un petit bijou cinématographique.

WhiplashWhiplash est un film américain de Damien Chazelle, sorti en décembre 2014 (1h47), avec Miles Teller et J.K. Simmons. Il s’agit à la fois d’un drame et d’un film musical.

C’est un film dont j’avais entendu parler en bien, et du coup, j’ai eu envie de le visionner. Il a par ailleurs été multi-récompensé, puisqu’il a obtenu des prix aux festivals de Sundance et de Deauville, ainsi qu’aux Golden Globe et aux Oscars.

Whiplash raconte l’histoire d' »Andrew, 19 ans,  qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence… « 

Andrew qui rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs au monde, a intégré le conservatoire de Shaffer à New-York, pour réaliser son rêve. Sa vie change radicalement, pour le meilleur et/ou pour le pire,  lorsqu’il rencontre Terence Fletcher. Ce dernier est à la fois un prof de musique et un chez d’orchestre réputé, et il décide d’intégré Andrew à son Studio Band, car il a vu en lui un certain potentiel.

Le film est principalement centré sur cette relation intense, étouffante, destructrice, entre un maître et son élève. Le personnage d’Andrew est prêt à tous les sacrifices pour arriver à atteindre son but, au point de plaquer sa copine, et quitte à y laisser un peu de sa raison. De l’autre côté, on a Terence Fletcher, qui est certes très réputé, mais qui est incroyablement odieux avec ses élèves. Cet homme est un véritable tyran. Il est également prêt à tout pour « tirer » le meilleur de ses élèves/musiciens, et de les hisser vers les sommets.

C’est un film intense, plein d’émotions. Il est également très sombre, puisqu’il nous montre l’humiliation scolaire vécu par ces élèves. Il pose un certain nombre de questions, comme: Quelles sont les limites que l’on peut se poser pour y arriver? Jusqu’où est-on prêt à aller pour atteindre ses rêves?

La musique, en particulier le jazz ici, a une place importante dans le film, puisqu’il s’agit entre autre d’un film musical. Quasiment tous les musiciens sont des professionnels. Même, l’acteur principal, Miles Teller,  est un joueur de batterie, certes amateur, mais il est tout de même musicien. Quant à J.K. Simmons, il a également baigné dans la musique, puisque son père était chef d’orchestre et il a lui même été professeur dans cette discipline. Du coup, cela renforce leur crédibilité dans ces deux rôles. Miles Teller, que je n’avais vu que dans le rôle de  Peter dans la saga Divergente, nous offre ici une grande palette de jeu. Il en va de même pour J.K. Simmons, qui ces dernières années était plutôt habitué aux comédies, et qui avec ce film revient aux sources. Il est vraiment génial et terrifiant à la fois dans ce rôle.

Donc il n’y a  pas de besoin de faire un dessin.  Vous aurez sans doute compris que j’ai aimé ce long-métrage. C’est un film à voir, assurément.

Elodie