Médecin de campagne de Thomas Lilti

medecin-de-campagneDans cette comédie dramatique, sortie sur nos écrans le 23 mars 2016, on trouve un très bon duo d’acteurs, à savoir François Cluzet et Marianne Denicourt.

J’avais beaucoup aimé Hippocrate du même réalisateur, et dès sa sortie, celui-ci m’a fait envie. J’ai juste attendu six (longs) mois pour le voir.

« Tous les habitants, dans ce coin de campagne, peuvent compter sur Jean-Pierre, le médecin qui les ausculte, les soigne et les rassure jour et nuit, 7 jours sur 7. Malade à son tour, Jean-Pierre voit débarquer Nathalie,  médecin depuis peu, venue de l’hôpital pour le seconder. Mais parviendra-t-elle à s’adapter à cette nouvelle vie et à remplacer celui qui se croyait… irremplaçable ? »

J’ai trouvé que ce film décrivait assez bien la vie à la campagne, mais surtout le manque crucial de médecins et le phénomène de désertification des espaces ruraux.

Les deux personnages sont attachants; d’un côté on a Jean-Pierre Werner (François Cluzet), médecin, qui découvre qu’il est malade, qu’il doit se reposer voire se faire remplacer. Cet homme a de fortes convictions sur son métier, son environnement, il ne veut pas laisser tomber ses patients, et ne veut surtout pas lâcher son job. De l’autre côté, on a Nathalie Delezia (Marianne Denicourt) sa remplaçante, « jeune » médecin, qui a choisi la campagne comme lieu de travail et qui tente de s’y faire une place. Tous les deux n’ont pas le même parcours, pas la même vision des choses, sont souvent en opposition, mais au fond sont assez semblables.

Médecin de campagne nous montre le quotidien de millions de gens en France. C’est une comédie que je qualifierai de douce-amère. Ce film est à la fois drôle, touchant, et en même temps aborde des situations dramatiques et dénonce un phénomène qui s’amplifie un peu plus chaque jour. Pour moi c’est un beau film, avec un scénario qui tient la route, où les acteurs sont très justes dans leur rôle. Le seul bémol que j’ai retenu, c’est que ce long-métrage est parfois un peu long. Néanmoins, il se situe dans la même ligne qu’Hippocrate, et donc si vous avez aimé le premier film de Thomas Lilti, je vous conseille de voir celui-ci.

Pour un petite avant-goût:

Elodie

 

Une envie de vieux films

Je ne sais pas pourquoi, mais cette semaine j’ai eu envie de voir un vieux film. J’hésitais entre trois, et finalement, pour diverses raisons, mon choix s’est porté sur French Cancan de Jean Renoir.

French cancanIl s’agit d’un vieux film, puisqu’il est sorti en 1954. On retrouve dans la distribution Jean Gabin, Françoise Arnoul, et Maria Felix, entre autres.

Le film raconte l’histoire de « Danglard, entrepreneur de spectacles, qui se lance dans la rénovation d’un vieil établissement qu’il nomme le Moulin-Rouge. il prend le pari de remettre à la mode un vieux quadrille, le cancan, et de faire de Nini, jeune blanchisseuse, une danseuse vedette. Dans son projet, Danglard se heurte à la jalousie de Lola, danseuse éprise de lui, aux revirements de son commanditaire et aux souteneurs de Montmartre ».

Le film se déroule à la Belle-Epoque, moment où il y  a de très nombreux cabarets à Paris, dans lesquels la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler. Le film est centré principalement sur trois personnages. En premier lieu sur Danglard, cet entrepreneur, qui veut remettre au goût du jour le cancan. C’est un homme à femmes, puisqu’il tombe amoureux de toutes ses vedettes. Il incarne, à la fois la figure du père et de l’amant. Ensuite, on a Nini, jeune blanchisseuse, dont la vie est toute tracée. Elle est censée se fiancer avec un jeune boulanger. Mais ça, c’était avant sa rencontre avec Danglard, lors d’un bal. Il décide d’en faire une vedette. Au départ, elle a le rôle de la belle ingénue, qui découvre le monde; mais elle s’affirme peu à peu. On a enfin Lola, surnommée « l’Abesse », qui au début du film, est la danseuse vedette de Danglard, et sa maîtresse. Elle est jalouse de la nouvelle protégée de son amant, et va lui en faire baver. C’est l’opposé du personnage de Nini, puisque elle est déjà connue. On peut même la considérer comme une courtisane ou une mondaine. Autour de ces deux personnages féminins se constitue un quatuor amoureux, qui apparemment apparaît dans quasiment tous les films de Renoir, c’est ce qui est appelé le système renoirdien. 

Avant de regarder ce film, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. On a en fait l’histoire de l’élévation d’une jeune fille dans la société. Et c’est quelque chose que l’on retrouve finalement assez souvent, même dans les films récents. J’ai aimé le charme désuet, que l’on retrouve dans les films de cette époque, avec des décors tournés qu’en intérieur. Il y a des fois où cela se voit trop, mais là, j’ai trouvé que cela s’intégrait assez bien dans le film. J’ai aimé aussi l’idée  qu’il y a plusieurs lectures à ce film. Jean  Renoir porte un certain regard sur cette société. Il nous décrit la place des femmes dans celle-ci, et plus particulièrement le statut des danseuses, et le regard que l’opinion pose sur elles. J’ai moins aimé le côté mielleux, où le principal personnage féminin est montré comme une petite chose fragile,  c’est à mon sens une caractéristique des films de cette époque. Ce qui m’intéressait aussi, c’est que ce film marque le retour de Jean Renoir en France, et un peu aussi celui de Jean Gabin. Donc, j’ai aimé certains aspects du film, mais il ne comptera pas parmi mes favoris. Néanmoins, je vous conseille de le voir, si ça vous intéresse évidemment, rien que pour le fait que ce film n’est pas très connu (du moins pour ma génération) et que c’est le genre de film qui ne passe jamais à la télé.

Elodie